Voir p. 19, note
meurtrir,
pis (lat. pectus),
poindre.
luer, poitrine y piquer, percer,
pondre (lai. ponere), déposer,
nen, robe.
chose,
butin, biens conquiS|
couvrir de légères blessures ;
tétine de la vache, de la chèvre ;
paraître comme un point;
déposer ses œufs (en parlant de Toiseau) ;
lat. nihil;
ensemble des vêtements (dans garde-robe) et, à un sens plus étroit, vêtement particulier à longs plis flottants ;
séparer Tenfant du sein, cesser Tallaitement ;
essuyer des choses sales ;
mourir ;
nourriture de chair d'animaux ?
La langue possède ainsi une quantité de mots dont la signification actuelle ne s'explique que par Tusage du moyen âge, — aujourd'hui disparu, — usage dérivé directement de rétymologie.
sevrer {làt. separare), séparer.
t(yrcher,
trépasser, viande.
essuyer,
passer au delà, nourriture.
§ 78. Les mots s'éteignent entièrement. Qu'on jette un coup d'œil sur les textes du xvi* siècle, quelle quantité de termes sont décidément morts I Que Ton inter-
roge maintenant le vieux français, c'est une langue eHtîère qu'on exhumera de son ossuaire.
Il se publie actuellement un dictionnaire de la vieille langue, ne contenant que les termes disparus; l'ouvrage aura 8 à 10 volumes, grand in-4®*. A quoi bon donner des exemples qui n'apprendraient pas grand'chose? J'aime mieux rappeler cette page d'un observateur profond et pénétrant dont la curiosité ne se portait pas seulement sur les mœurs de son temps ; je veux dire La Bruyère, qui dans ses Caractères, à la fin du chapitre de Quelques usages, se livre à de curieuses et intéressantes réflexions sur les pertes qu'a faites la langue française au xvii® siècle '.
1. Xîodefroy, Dictionnaire général de l'ancienne langue française; il en a paru déjà 4 yolumcs.