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INTRODUCTION
« ... Au lieu d’une science circonscrite, je trouve un champ immense, »ù le moindre végétal me fournit des sujets nombreux de réflexion... Je sens auprès de moi, à mes côtés, une intelligence et une sagesse qui excitent toute mon admiration. » Vxvcheb.
« Lorsque, par une belle journée de printemps, on se promène en pleine campagne ou au milieu des bois, on éprouve un indicible sentiment de bien-être; les yeux sont ravis, l’odorat est charmé, on s’y sent enveloppé comme d’une harmonie universelle qui ressemble à un de ces concerts qu’on entend en rêve. » (À Karr.) Chaque plante prend une individualité; notre imagination gaie ou triste nous la montre pourvue des qualités qui sont en harmonie avec notre disposition d’esprit.
Au milieu de toutes ces plantes, quelques-unes ont nos préférences; nous en admirons l'élégance des formes, les riches couleurs des fleurs ;
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nous en aspirons avec volupté les suaves parfums. La lumière, en se jouant sur les délicates folioles des corolles, s’adoucit, s’éteiril ou se reflète pour les faire briller d'un plus vif éclat.
Une fleur! une plante ! quel charme pour une âme sensible! Plante aimée, je t’emporte dans mon jardin ou sur ma fenêtre; ta place est préparée; tu recueilleras le premier rayon de soleil. La plante transplantée grandit peu à peu; elle étire une à une ses feuilles, comme le feraient des bras restés longtemps en léthargie; puis sa fleur se dispose en bouton, laissant entrevoir des couleurs préférées, et s’épanouit eritin, comme un gros rire de joie qui me récompense de mes soins.
Quelques personnes seulement aiment les animaux; toutes aiment les plantes, depuis la gentille ouvrière qui les cultive sur sa fenêtre, jusqu’à la grande dame qui les élève à grands frais dans des sériés; depuis le modeste curé de village qui fait ses délices de son jardinet, jusqu’au riche châtelain dont le vaste domaine réunit les plantes les plus rares et les plus majestueuses.
C’est une fleur qu’échangent deux amours naissants, comme gage d’une affection sans tin. C’est une fleur qui représente le plus beau diamant de la couronne virginale de la fiancée. C’est une fleur qui interprète nos souhaits aux anniversaires d’un pa-
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rent ou d’une personne aimée. C’est une fleur qui traduit uos douleurs et nos regrets sur la tombe de ceux qui nous sont chers.
On raconte qu’après la révocation de l’édit de Nantes, les demeures des Français réfugiés à bondi •es se distinguaient facilement de celles des Anglais; à chaque fenêtre, une plante cultivée rappelait au proscrit le souvenir de la patrie absente.
Où puisez-vous donc, filles de Flore, ce charme qui nous enivre? Est-ce dans vos couleurs si délicatement nuancées?... Est-ce dans les perles si pures que vous prenez chaque matin à la rosée du soleil levant?... Est-ce dans les parfums exquis que vous distillez? Car vous êtes à la fois beauté, richesse et parfum. Vous êtes plus, et ce qui relève au plus haut degré vos qualités, ce qui vous rend si sympathiques à l’humanité, c’est que vous avez la Vie.
Les plantes sont des êtres organisés et vivants; elles se nourrissent, elles respirent, elles se reproduisent.
Elles se nourrissent en prenant au sol et à l’atmosphère des matières qu’elles s’assimilent, qu'elles transforment en aliments destinés à des milliers d’animaux. L’herbivore mange la plante, le carnivore mange l’herbivore et rend au monde inorganique les éléments qui seront dissociés, pour être de nouveau mis en œuvre par la plante. Ainsi s’exé-
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cute ce mouvement perpétuel de la matière, par lequel rien ne se perd, tout se transforme. Travailleuses infatigables, les plantes fabriquent pour nous les aliments les plus indispensables, les médicaments les plus précieux, les poisons les plus redoutables, les vêtements les plus usuels.
Elles respirent souvent en épurant notre air ; sous l’influence du soleil, leurs parties vertes lui enlèvent ce gaz malfaisant, l’acide carbonique, que nous produisons à chaque instant. Chimistes habiles autant qu’excellentes ménagères, elles décomposent ce produit, retirent le charbon qu’elles emmagasinent en partie pour nos foyers ou notre nourriture, et nous rendent l’oxygène, le gaz de la vie.
Elles se reproduisent comme tous les êtres vivants connus, au moyen d’un œuf qui est leur berceau. La reproduction semble être, pour les plantes, le but unique de leur existence. C’est afin d’assurer cette fonction qu’elles se parent des couleurs les plus riches, qu’elles prennent les formes les plus bizarres ou les plus gracieuses, qu’elles exécutent les mouvements les plus surprenants; c’est pour assurer l’existence de leur progéniture qu’elles amassent les trésors de sucs nourriciers dont nous les frustrons pour en faire notre profit .
Qui ne s’est senti frappé d’admiration devant la prodigieuse activité des Fourmis, l'ordre admirable
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qui règne dans les sociétés d’Abeilles, la délicatesse extrême, le fini du tissu des toiles d’Araignée, la sorte de prévoyance qui porte l’Insecte à pondre ses œufs dans l’endroit où ses larves trouveront leur nourriture?
Réfléchissons-y bien, tous ces animaux ne font qu’exécuter nécessairement, fatalement, toujours dans le même ordre, avec le même degré de perfection, les lois qui les régissent; ce ne sont que des manœuvres. Lorsqu’un monument sublime s’élève, lequel admirons-nous le plus? l’architecte qui a conçu et qui commande, ou le simple ouvrier qui exécute et obéit?...
Bien que les plantes ne puissent se mettre en relation avec le monde extérieur d’une manière aussi intime que les animaux, bien qu’elles restent, pour la plupart, fixées à la partie du sol qui les a vues naître, elles manifestent leur existence par des moyens aussi évidents que divers. Chacune accomplit sa mission forcée; la tille fait ce qu'a fait la mère et ce qu’ont fait ses ancêtres, ni mieux, ni moins bien.
Que l’on songe un instant au nombre prodigieux d’espèces végétales, au nombre plus grand encore de leurs travaux accomplis, et l’on sera accablé à l’idée de la science infinie qui a produit toutes les combinaisons. C'est en vain que, pour expliquer les
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faits, notre imagination prend son essor et crée les hypothèses les plus hardies, les plus compliquées; (die n’aboutit souvent qu’à produire des contre-sens.
La nature est très-sobre de moyens ; elle agit avec la plus grande simplicité; elle fournit beaucoup avec peu; c’est un kaléidoscope aux mille facettes qui renferme un petit nombre d’éléments, mais dont le mouvement le plus léger amène des aspects d’une infinie diversité.
Savants qui échafaudez des théories, poètes qui voulez du merveilleux, cessez d’inventer ; observez, expérimentez, car la nature, c’est toute vérité, et c’est aussi toute poésie.