UN COUP D’ŒIL SUR L’ORGANISATION DES PLANTES
La subtilité de la nature dépasse à bien des égards celle du sens et celle de l’entendement.
Bacon.
Qu’on se représente une bulle de savon si petite que cinq cents alignées équivalent à la longueur d’un millimètre, et l'on aura une idée assez juste de la forme et de la taille d’un Protocoque. Qu’estce donc qu’un Protocoque? C’est une plante complète, la plus simple que nous connaissions, une plante sans racines, sans tige, sans rameaux, sans feuilles, sans tleurs, une plante réduite à un petit sac microscopique. Son nom, qui vient du grec, signifie première plante, plante la plus simple.
Toute simple qu’elle est, notre petite plante constitue un êlre vivant. Elle le prouve bien par sa prodigieuse activité. Ses parois, comme toutes les membranes organiques, permettent aux fluides de pénétrer par diffusion dans son intérieur, pour la nourrir et la faire respirer. Or, cet intérieur est constitué par une matière azotée à propriétés trèsremarquables ; matière à laquelle on donne, en botanique, le nom de protoplasma ; c’est d’elle que provient toute organisation (Mirbel). En effet, c’est elle qui, dans le Protocoque mère, s’organise en sacs ou cellules nouvelles, cellules qui grossissent à leur tour, rompent l’enveloppe générale, deviennent libres et constituent autant de Protocoques distincts. Les nouveaux individus accomplissent les mêmes phénomènes que la cellule dont ils sont sortis. Comme elle, ils élaborent les matières fournies par l’extérieur; ils se reproduisent, puis leur activité se ralentit peu à peu et finit par cesser complètement. Dès lors, ils ne sont plus que des cellules inertes, des cellules mortes.
La multiplication se fait avec une telle énergie, qu’en un instant le petit être microscopique couvre de sa progéniture des espaces considérables.
Ainsi procède la nature; elle crée des colosses comme les Baleines, les Éléphants, les Cèdres, et mesure avec parcimonie le nombre de leurs rejetons; elle crée des infiniment petits, comme les Pucerons, les Protozoaires, les Protophytes, et étend à l’infini leur pouvoir reproducteur.
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Le Protocoque qui, par ses dimensions, semblerait devoir être inaperçu, forme des tapis d’un beau vert, qui recouvrent d’une couleur gaie les rochers sombres. Ailleurs, il est d’un rouge de sang, et se
Fig. 1. — Groupe de Protucoques très-grossis.
montre en masses considérables dans les contrées désolées des zones polaires, ou suc les neiges perpétuelles qui couronnent les sommets des bautes montagnes.
Le capitaine Ross raconte que, dans son voyage au pôle Nord, il traversa des espaces considérables sur la neige rouge; des trous, pratiqués en plusieurs endroits, montraient que la coloration atteignait la profondeur de plusieurs mètres. L’imagination la plus hardie n’est-elle pas surpassée devant une semblable éloquence des faits? peutelle se ligurer un nombre assez considérable pour énumérer les individus de cette écrasante multitude?
Combien devait être grand l’effroi des montagnards et des marins! combien devaient être terribles leurs pressentiments, lorsque, dans un
temps d’ignorance, ils croyaient ces phénomènes de coloration produits par des pluies de sang !
Les navigateurs sont souvent témoins de phénomènes de coloration produits par des végétaux microscopiques. Ces végétaux pullulent sur un espace de plusieurs lieues carrées. Les rivages de la Californie, du Mexique, ont apparu comme baignés par des mers de sang. La mer Rouge doit son nom à la coloration que lui donne une algue microscopique, la Trichodesmie (nom tiré de deux mots grecs, et
qui signifie botte rie poils). Ce végétal se présente sous l’aspect de filaments cloisonnés, de couleur rouge de sang, réunis en petits faisceaux qui bottent à la surface des eaux. La découverte en est duc à Ehrenberg, qui fut témoin de plusieurs phénomènes de coloration dans la baie de Tor, petit port de la mer Rouge. Voici, à propos de ce végétal, la lettre qu’écrivait M. Evenor Dupont à M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire :
« Mon cher ami,
« Vous me demandez quelques détails sur les circonstances dans lesquelles j’ai recueilli la plante
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cryptogame que je vous ai apportée de la mer Rouge, et qui parait, me dites-vous, une espèce nouvelle; les voici :
« Le 8 juillet dernier (1843), j’entrai dans la mer Rouge par le détroit de Bab-el-Mandeb, sur le paquebot à vapeur YAtalanta , appartenant à la compagnie des Indes. Je demandai au capitaine et aux officiers qui depuis longtemps naviguaient dans ces parages, quelle était l’origine de cet antique nom de mer Erythrée, de mer Rouge ; s'il était dû, comme le prétendent quelques-uns, il des sables de cette couleur, ou, selon d’autres, à des rochers. Nul de ces messieurs ne put me répondre; ils n’avaient, disaient-ils, rien remarqué qui justifiât cette dénomination. J’observais donc moimême, à mesure que nous avancions ; mais, soit que le bâtiment se rapprochât de la côte arabique ou de la côte africaine, le rouge ne m’apparaissait nulle part. Les horribles montagnes pelées qui bordent les deux rivages étaient uniformément d’un brun noirâtre, sauf l’apparition en quelques endroits d’un volcan éteint qui avait laissé de longues coulées blanches. Les sables étaient blancs, les récifs de corail étaient blancs de même, la mer du plus beau bleu céruléen ; j’avais renoncé à découvrir mon étymologie.
« Le 15 juillet, le brûlant soleil d’Arabie m’éveilla brusquement en brillant tout à coup à l’horizon, sans crépuscule et dans toute sa splendeur. Je m’accoudai machinalement sur une fenêtre de
poupe pour y chercher un resle d’air frais de la nuit, avant que l’ardeur du jour l’eût dévoré. Quelle ne fut pas ma surprise de voir la mer teinte en rouge, aussi loin que l’œil pouvait s’étendre derrière le navire ! Je courus sur le pont et de tous côtés je vis le même phénomène.
« J’interrogeai de nouveau les officiers ; le chirurgien prétendit qu’il avait déjà observé ce fait, qui était, selon lui, produit par du frai de poisson flottant à la surface ; les autres dirent qu’ils ne se rappelaient pas l’avoir vu auparavant ; tous parurent surpris que j’y attachasse quelque intérêt.
« S’il fallait décrire l’apparence de la mer, je dirais que sa surface était partout couverte d’une couche serrée, mais peu épaisse, d’une matière fine, d’un rouge brique un peu orangé; la sciure d’un bois de cette couleur, de l’acajou, par exemple, produirait à peu près le même effet. 11 me sembla, et je dis alors, que c’était une plante marine; personne ne fut de mon avis. Au moyen d’un seau attaché au bout d’une corde, je fis recueillir, par l’un des matelots, une certaine quantité de la substance ; puis, avec une cuiller, je l’introduisis dans un flacon de verre blanc, pensant qu’elle se conserverait mieux ainsi. Le lendemain, la substance était devenue d'un violet foncé, et l’eau avait pris une jolie teinte rose. Craignant alors que l’immersion ne hâtât la décomposition au lieu de l’empêcher, je vidai le contenu du flacon sur un linge de coton (le même que je vous ai remis) ;
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l’eau passa à travers, et la substance adhéra au tissu; en séchant, elle devint verte comme vous la voyez actuellement. Je dois ajouter que, le 15 juillet, nous étions par le travers de la ville égyptienne de Cosseir; que la mer fut rouge toute la journée; que le lendemain 16, elle le fut de même jusque vers midi, heure à laquelle nous nous trouvions en face de Tor, petite ville arabe, dont nous apercevions les palmiers dans une oasis au bord de la mer, au-dessous de la chaîne de montagnes qui descend du Sinaï jusqu’à la plage sablonneuse. Un peu après midi, le 16, le rouge disparut, et la surface de la mer redevint bleue comme auparavant. Le 17, nous jetions l’ancre à Suez. La couleur rouge s’est conséquemment montrée depuis le 15 juillet, vers cinq heures du malin, jusqu'au 16 vers une heuTe de l’après-midi, c’est-àdire pendant 52 heures. Durant cet intervalle, le paquebot filant huit nœuds à l'heure, comme disent les marins, a parcouru un espace de 256 milles anglais ou 85 lieues et un tiers.
« Veuillez me croire, mon cher Geoffroy, etc.,
« Eyenor Dupont. »
C’est la plante elle-même, fixée sur le linge, qui a été étudiée par notre célèbre cryptogamiste Montagne, et qui a reçu de ce savant le nom de Trichodesmie d'Ehrenberg.
Il est des plantes qui ne le cèdent pas en petilessc aux Protocoques, mais dont l’activité concourt à un autre but. (Car il en est des végétaux comme des animaux, et, oserai-je le dire, comme des divers représentants de l’humanité, chacun a son industrie.) Je veux parler des Diatomées. L’œil le plus exercé ne peut les reconnaître, s’il n’est armé d’un verre grossissant; mais à l’aide d’un microscope, elles lui apparaissent avec une élégance de formes à nulle autre pareille.
C’est en vain qu’on cherche à les décrire ; il n’existe pas d’expressions pour peindre ce qu’on voit ; on voudrait réunir ou combiner entre eux tous les mots qui signifient ce que peut produire la légèreté unie à l’élégance et au fini. Bref, les plus délicats travaux d’orfèvrerie ne sont, à coté de ces bijoux de la nature, que de lourdes et grossières imitations. Ces charmantes pctiles plantes font provision de silice, à la manière de beaucoup de céréales; leurs parois s'en pénètrent. Après leur mort, la portion organique de leur tissu change d’état, tandis que la silice amassée reste comme une sorte de squelette élégant qui traduit leurs formes. Ce sont des milliers de milliers de ces squelettes qui composent des assises dont l’épaisseur est souvent considérable; celle sur laquelle est bâtie la ville de Berlin, mesure, en certains endroits, 50 mètres d’épaisseur. Le tripoli qu’on tire de Belin, en Bohême, et qui est utilisé comme terre à polir, n’a pas, dit-on, d’autre origine. Byron
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ne s'éloignait donc pas de la vérité, quand, dans son extase poétique; il s’écriait :
« La poussière (pie nous foulons aux pieds fui jadis vivante ! »
Avant de nous engager dans le dédale que présente à nos regards l’infinie diversité des plantes, cherchons à connaître les moyens qu’emploie la nature pour arriver à ses fins.
Ilappelons-nous que le Protocoque est constitué par une petite sphère organisée unique, par une cellule, comme on dit en langage biologique, et qu’il n’acquiert jamais un plus grand degré de complication. Toutes les plantes (on pourrait dire tous les êtres vivants) ont eu, à leur naissance, une simplicité aussi grande. Ce qui établit plus tard des différences entre elles, c’est le nombre variable, la disposition réciproque, le groupement, la transformation des cellules; c’est le genre de travail qu’elles effectuent.
On pourrait, par des exemples choisis, montrer comment les tissus se compliquent et produisent des végétaux qui nous paraissent les plus parfaits.
Qu’on s’imagine beaucoup de cellules placées dans un gangue amorphe, et l’on aura l’image fi-
Fig. 3. — Palmelle à éléments très-grossis.
déle de la constitution des Palmelles, ces plaques gélatineuses verdâtres ou rougeâtres qui tapissent souvent la base des murailles humides.
Que ces cellules ne soient plus isolées, mais placées les unes à la suite des autres, dans la masse gélatineuse, et l’on aura les Noslocs. Ces plantes apparaissent le matin sur la terre ou sur les pierres humides, puis disparaissent sous l’influence des rayons solaires, pour reparaître, si l’air acquiert un assez haut degré hygrométrique.
Que les cellules, au lieu d’être arrondies, soient cylindriques, placées bout à bout, de manière à former un long tube simple ou ramifié, cloisonné, rempli de granules verts, on aura une idée de la composition des Conferves. Les Conferves sont ces longues chevelures vertes qui se plaisent dans les eaux donnantes et remplissent parfois nos ruisseaux et nos étangs.
Enfin les cellules peuvent se grouper sur toutes les dimensions, en longueur, en largeur, en épaisseur, et composer les sujets les plus variés.
Des cellules différemment agencées, contenant des granules bruns, verts ou rouges, voilà les seuls éléments qui entrent dans la composition des Algues. Et c’est avec si peu que la nature a fait ses élégants Plocamivm et Polysiphonies à rameaux capillaires ; ses l lves qui flottent dans la mer comme d’immenses rubans; scs Corallines, sortes de petits arbustes de pierre dont nous nous servons comme vermifuges ; ses Laminaires, grandes lanières ma-
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rines, dont quelques-unes ont la propriété de sécréter une matière sucrée; ses Fucus aux espèces nombreuses, plus connus sous le nom de Yarecs ou de Goémons, qui sont employés sur les cotes maritimes comme chauffage, comme engrais, et qui
produisent la soude de Yarecs. C’est avec si peu que la nature a fait ces gigantesques Macrocystis dont la taille atteint souvent 500 mètres. « Au milieu de l’Atlantique, se trouve un espace triangulaire, compris entre les Açores, les Canaries et les lies du cap Vert, qu’on appelle mer de Sargasse, d’une superficie égale au cours du Mississipi ; elle est couverte de Raisins du Tropique (Fucus nul uns) en masse si considérable, que les navires en sont souvent retardés dans leur marche. Lorsque les compagnons de Christophe Colomb virent ces algues, ils crurent qu’elles marquaient la limite de la navigation et en furent très-effrayés » (Maury).
Que l’habitat des plantes et le rôle de leurs cellules composantes changent, que le mode de reproduction se modifie, et l'on a tous les groupes qui composent le vaste monde des plantes cellulaires. Ce sont tout d’abord les Champignons ; les uns, filaments composés de cellules placées bout à bout, tonnent les Trichophytes, les Microspores, les Achorions, ennemis implacables de nos cheveux ; d’autres, disposés en grappes, les Bolrytis bassiana, s’implantent dans la peau des vers à soie et constituent cette maladie si funeste, la muscardinc ; d’autres encore, composés de cellules assemblées en
masses, forment ces Truffes odoriférantes si recherchées sur nos tables. Enfin les cellules se groupent de manière à produire des formes agréables; elles prennent des couleurs plus ou moins vives; les organes de la végétation sont représentés par de longs filaments cachés, tandis que les organes de reproduction se montrent sous forme d’un chapeau plus ou moins gracieux. Telle est la composition du Cep si cher aux populations du Midi et de la terrible Fausse Oronge aux couleurs trompeuses.
Fig. I. — Lichen d’Islande.
Après les Champignons viendront les Lichens, ces croûtes dartreuses couvertes de pustules évidées qui tapissent les rochers, les troncs des arbres, etc. Ce sont les plus sobres des végétaux. Malgré leur vitalité obtuse, ils ne sont pas les moins utiles à
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rhumanité. Les uns, tels que l’Orseille des Canaries, nous donnent la belle matière rouge connue sous le nom d’orseille des teinturiers, qui sert , entre autres usages, à colorer l’alcool des thermomètres ; plusieurs Parelles fournissent celle matière indispensable aux chimistes, le tournesol en pains; le Lichen des Rennes, le Lichen d’Islande contiennent des principes nutritifs ; enfin, c’est le lichen appelé Parmelia esciilenta, qui constituait « cette petite chose ronde, menue comme de la blanche gelée sur la terre, » dont les Hébreux se nourrirent pendant leur séjour dans le désert, après la sortie d'Egypte.
Puis ce sont les Hépatiques au tissu brillant, qu’on rencontre ordinairement sur les talus des fossés; les Mousses élégantes avec leurs urnes vertes ou dorées, qui s’étendent comme une couverture épaisse sur le sol de nos forêts ; les Sphaignes à tissu spongieux, qui couvrent les bas-fonds humides et préparent pour l’avenir d’importantes tourbières; les Charagnes aux nombreux rameaux qui, dans certaines circonstances, décomposent les sulfates, unissent le soufre à 1 hydrogène, et font, des eaux croupissantes où elles végètent, de véritables eaux sulfurées.
Dans tous ces végétaux, Algues, Champignons, Lichens, Hépatiques, Mousses, Characces, le tissu est uniquement cellulaire. Mais ailleurs, la cellule peut subir certaines modifications ; les parois peuvent s épaissir par 1 adjonction de nouvelles mem-
branesqui se gorgent de ligneux ; elle devient alors fibreuse et forme ce tissu résistant qu’on remarque
Fig. G. — Coupe de tissu cellulaire à cellules sphériques.
dans le noyau des fruits, etc. La cellule fibreuse allongée porte le nom de fibre et se voit communément dans le tronc des arbres. Ou bien encore,
Fig. 5. — Extrémité d'un rameau grossi de Charagne. La direction des tlèches indique la direction de courants intérieurs.
Fig. 7. — Coupe de tissu cellulaire à cellules polyédriques.
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il peut se faire que toutes les cellules rangées à la suite l’une de l’autre perdent la paroi qui les sépare ; il résulte de cette destruction un long cylindre qui porte le nom de vaisseau.
Les vaisseaux ont des formes nombreuses : ceux qui sont formés par dés cellules rangées en ligne droite, sont droits, ordinairement d’égal diamètre,
marqués le plus souvent de ponctuations, de raies, de spires, etc. ; d’autres, qui résultent de la fusion
de cellules voisines, en ligne droite ou non, ont reçu le nom de vaisseaux lut ici [ères; ces derniers ne présentent ordinairement ni raies, ni ponctuations; ils sont le plus souvent anastomosés et renferment un liquide particulier, variable avec l’espèce de plante. Quelle que soit donc la forme des végétaux les plus complexes , leurs éléments seront ou ces petits sacs à contenu organisé appelé cellules, ou des cellules allongées, remplies de ligneux et appelées des libres, ou des réunions de cellules confondues pour former des F'ëi'. in' 7 .^aisscaux,)^,clleres vaisseaux. Le plus souvent,
d une feuille de Chehcloine. 1
ces trois éléments entrent dans la composition du même individu. Ils forment différents tissus qui donnent à la plante une organisation plus ou moins compliquée, et ils ont chacun un rôle particulier. « Ce qui nous parait progrès n’est en réalité qu’un développement dans le vrai sens du mot, une division, une analyse du simple en un plus grand nombre de parties composant l’en-
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semble. Le nombre de 1 00 est un nombre simple ; en se développant, il peut devenir 99+ 1 , 3 x 33+ 1 , 5 x (52 + 1), X [(4 fois 8) + 1] +1 , etc. Nous pouvons analyser les proportions qui y sont contenues, et au lieu de 100 unités, établir un calcul trèscompliqué, dont le produit final sera toujours 100. C'est la marche que suit tout développement dans la nature. » (Schleiden).
L’instrument actif des plantes, celui qui met en œuvre les matériaux empruntés au dehors, est cette matière azotée appelée protoplasma. Qu’elle soit contenue dans la cellule, ou que, sous le nom cl'utricule primordiale , elle fasse partie de ses parois, c’est par son moyen que se développent les matières colorantes de la Garance et de la Gaude, les principes médicamenteux du Pavot et du Quinquina, les principes nutritifs du Blé et du Haricot, les principes aromatiques du Café et du Girofle, les essences du Citron et de la Rose, les huiles de l’Olive et de la Noix, les sucres de la Canne et de la Betterave, les fécules de la Pomme de terre et des Céréales, etc.