I.ES RACINES ADVENTIVES
lantot sur les liges, tantôt sur les rameaux, tantôt sur les leuilles, tantôt sur les vraies racines, enfin sur toutes les parties du végétal. En variant les attaches, elle a multiplié les formes cl produit les aspects les plus divers.
Le Lierre, qui est si recherché pour tapisser nos murs de clôture, à la campagne, a une tige grêle, destinée souvent à s’élever à une grande hauteur. Afin de maintenir celle tige appliquée, il s’établit sur sa surface de contact de très - nombreuses racines adventives qui sont pour le Lierre au-
tant de crampons solides établissant l’ad-
l ig. 3i. Bulbe de Lis arraché au commencement de l'été. Ses racines advenives sont tort développées.
cicncc. Si la surface de contact reçoit assez
. e’ lcs crani[>ons concourent avec la ra-
une a 1 absorption de la plante, parfois même ils la remplacent complètement. Il „-cst ,|onc
étonnant que le sommet d’un pied de Lierre conti-
"Ue Sa VeSétation l«w même que sa base a été dé-
truite; dans ce cas, la nutrition se fait par les racines adventives.
Fig. oS. — Lierre commun. Les racines adventives ou crampons LC, sc sont établies sur la face de contact, de la tige.
Dans les contrées intertropicalcs, la végétation la plus luxuriante exagère les phénomènes. Ici, au milieu d’un fourré épais, une liane frêle et flexiblegrimpe autour d’un arbre puissant et parvient à la
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cime pour y recevoir les bienfaisants rayons solaires ; là, baignée d’air, elle se sent à l’aise, étale ses feuilles, sejeltede çà, de là, comme un serpent, sur le haut des arbres voisins, et établit ainsi un pont de cordages inextricable. Pour animer ce longcorps, une ample provision de nourriture est nécessaire et la petite racine de la plante ne suffit pas pour l’absorber. Aussi, des différentes hauteurs de la tige, s’échappent de longs jets, comme autant de cordes de sauvetage, véritables racines adventives qui descendent perpendiculairement, s’enfoncent en terre et viennent en aide à la racine trop faible.
Au Mexique, aux Antilles, dans les Guyanes, à Pile de la Réunion, etc., de longs pieds de Vanille végètent de cette manière ; leur tige frêle et arrondie décrit autour des arbres voisins les ondulations les plus capricieuses; les feuilles épaisses, longues, aplaties, alternent de côté et d’autre, leur teinte d’un beau vert tranche avec la couleur pâle, changeante des fleurs bizarres, et celles-ci, avec leurs folioles étalés, leur corps allongé, se montrent entre les feuilles, simulant des papillons, des colibris aux ailes étendues. Tout ce luxe de végétation est entretenu non-seulement par une racine primitive, mais aussi par de nombreuses racines adventives qui pendent dans l'air, ressemblent à de grands cordons blancs et s’échappent de la tige à des intervalles irréguliers.
Comme la racine primitive, les racines adventices ont un double but; elles sont souvent autant
des organes de fixité au sol que des organes d’absorption.
Sur les rivages des iles de la mer du Sud, à la Nouvelle-Hollande, sur les côtes de la Guinée, etc., se montrent des arbres aux formes étranges que les Océaniens appellent Vacouas1. Le tronc de ces arbres est ordinairement d’autant plus épais qu’il est mesuré à une plus grande hauteur ; il est si fragile qu’un coup de pied suffit souvent pour le rompre ; parfois il se ramifie, et ses ramifications, égales en diamètre, divergent, restent droites ou deviennent tortueuses ; elles se terminent par une touffe de très-longues feuilles ensiformes, pour la plupart cassées, brisées par les ouragans et simulant d’abondantes chevelures en désordre. Ces arbres si fragiles naissent et se développent cependant dans les endroits les plus exposés aux vents violents ; ils seraient bientôt disparus du globe, si de nombreuses racines adventives parties du tronc, à différentes hauteurs, ne venaient, comme autant de soutiens, maintenir la plante au sol qui l’a vue naître.
Les racines adventives jouent le même rôle pour lcManglier. Cet arbre, qui croit dans la vase des marais des pays chauds, a un nombre infini de racines adventives tortueuses qui le fixent fortement. Les graines germent dans le fruit même et laissent descendre jusqu’au sol leur précoce racine. Des ra-
1 Les Vaquois ou Pandanus.
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meaux adventifs naissent sans ordre sur les racines adventives ; la végétation se continue de cette manière, racines naissant sur des rameaux, rameaux naissant sur des racines ; de sorte qu’après un certain nombre d’années, tronc, rameaux et racines forment un fourré inaccessible, une véritable forêt que le vent le plus violent ne saurait abattre.
Chez cerlains végétaux, les racines adventives acquièrent des proportions colossales ; on cite toujours comme exemple le gigantesque Figuier qui croit sur les bords de la rivière Nerbuddah, dans l’IIindoustan, et qui a, dit-on, abrité Alexandre. Les racines adventives parties des branches et qui sont descendues jusqu’au sol, s’y sont fixées ; elles ont grossi, ont pris la forme de troncs, ont donné naissance à des rameaux qui, à leur tour, ont émis des racines adventives nombreuses. Aujourd’hui, ce Figuier se compose de 550 gros troncs et de plus de 5,000 petits. Le cercle d’ombre formé parle feuillage mesure plus de 220 mètres carrés.
Dans nos climats tempérés, la végétation n’offre pas ce caractère d’exubérance des tropiques, mais la nature ne se montre pas moins digne d’étude. 11 n’est pas de plante, si humble, si disgraciée qu’elle nous paraisse, qui ne puisse montrer quelque merveille. Ramenons donc nos regards vers ces êtres que nous foulons aux pieds à chaque instant, et apprenons à les connaître.
Ici, au bord de ce fossé, dans ce marais, c’est, la Nummulaire (Lijsimachia Nummularia) . Sa tige
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est si grêle, si faible, qu’elle ne peut se dresser, elle retombe à terre et s’allonge en rampant, ac-
compagnée de paires de feuilles rondes connue des pièces de monnaie. Si l’on essaye de la relever en en saisissant d’abord le sommet, on s’aperçoit qu’elle est rattachée au sol, en certains endroits, par des faisceaux de petits cordons. Ces petits cordons sont des racines adventives ; ils se sont développés dans les endroits noueux où la tige se trouvait en contact avec le sol humide : ils fixent la plante et concourent à sa nutrition.
En examinant de près des Pervenches, des Myosotis, des Germandrées, des Lierres terrestres, des Serpolets, certaines Véroniques, plusieurs Menthes, etc., etc., on verrait aussi les tiges ou les rameaux rampants fixés au sol par des racines adventives.
La Violette de Chien, et mieux encore, le fraisier commun, ont une tige très -courte, munie de feuilles pressées ; cette tige donne naissance à de longs rameaux nus qui ont la forme de cordons rouges ou verts étendus sur le sol (des stolons). Si
Fig. 41. — Petite Pervenche.