SAINT JOACHIM
L’Evangile ne fait de Joachim aucune mention formelle. Ce que nous savons de lui se borne à quelques détails provenant d’une ancienne tradition, et qui ont été. acceptés comme authentiques par les Pères de l’Eglise. Galiléen et de la tribu de Juda, il fut (( d’une vertu souveraine, dit saint Grégoire de Nysse, et illustre par son observance exacte de la loi ». A vingt-quatre ans, il épousa une jeune fille de la tribu de Lévi, qui habitait Bethléem, et de cette union, longtemps demeurée stérile, devait, selon la promesse de l’ange, sortir Marie, la mère de Notre-Seigneur. La vie de Joachim se confondant alors avec celle d’Anne, il convient d’en renvoyer la suite au nom de sa femme.
La fête de ce saint n’a été introduite dans le Bréviaire romain qu’au seizième siècle, par le pape Jules II, et, d’une manière définitive, par Grégoire XIII, qui la plaça au 20 mars.
SAINT YULFRANC.
Fils d’un officier gaulois qui s’était fort distingué dans les expéditions de Dagobert, il passa lui-même quelques années à la cour des rois francs et s’y rendit utile à sainte Bathilde. On ne dit pas quels liens le rattachaient à l’église de Sens, ni s’il était prêtre ou moine, bien que le don qu’il fit aux religieux de Saint- Vandrille de sa terre de Morigny, près d’Étampes, rende cette dernière supposition admissible. Quoi qu’il en soit, il fut élu en 692 évêque de Sens, à la mort de Lambert.
Deux ou trois ans plus tard, il remit la conduite du diocèse à l’abbé Gery, et, après avoir fait de touchants adieux aux fidèles, partit pour la Frise. Son projetétait d’y rejoindre saint Willibrodet de travailler avec lui à la conversion de cette contrée, encore plongée dans les ténèbres du paganisme. Elle avait pourtant reçu à diverses reprises les lumières de
SAINT VULFRANC.
l’Évangile, grâce au dévouement de plusieurs missionnaires, entre autres saint Amand et saint Landoald ; mais chez ce peuple écarté, d’un naturel belliqueux et obstiné, l’idolâtrie, favorisée par des coutumes barbares, repoussait sans cesse des racines. Vulfranc, mieux inspiré que ses devanciers, alla droit au duc des Frisons, Radbod, qui, à la vue de deux en-
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Fig. 45. — Saint Vulfranc, évêque de Sens. D’après une miniature du IXe siècle.
fants miraculeusement sauvés des flots par le saint, promit d’embrasser la foi nouvelle. Au moment de recevoir le baptême, il s’avisa de demander où étaient la plupart de ses ancêtres; en apprenant que l’enfer avait dû être leur partage, il préféra d’encourir le même sort avec eux et se retira. Liberté entière toutefois fut laissée au peuple, et dans la suite Willibrod en profita pour couronner l’œuvre si bien
commencée,
Vers l’an 700, Vulfranc, de retour en Gaule, se reposa de ses fatigues apostoliques au couvent de Saint- V andrille, où il mourut, le 20 mars 720. Au treizième siècle, ses reliques furent transférées à Abbeville, qui le choisit pour patron ; une belle église, du dernier style ogival, y fut érigée en son honneur.