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SAINT RUPERT

Sous le règne de Sigebert II naquit, vers G40, en Austrasie, notre saint, que la légende rattache par le sang à la famille des Mérovingiens. Ses vertus et ses austérités le rendirent célèbre, et de toutes parts on venait le consulter pour recevoir de lui des avis salutaires, des consolations, la guérison du corps et de l’aine. Appelé au siège de Worms, il s’efforça de réprimer les désordres d’une population grossière, mais on le chassa après l’avoir accablé d’outrages. Rupert se rendit à Ratisbonne (696), où Ragintrude, qu’il avait convertie, lui ménagea un accueil honorable auprès de son frère le duc Théodon V ; bientôt il eut le bonheur de baptiser ce prince ainsi qu’un grand nombre de ses nobles et de ses guerriers. Ensuite, quittant la Bavière, il descendit le Danube jusqu’en Pannonie pour annoncer la foi.

Parmi les restes de l’antique cité de Juvana, il rencontra un petit nombre de serfs d’origine romaine; ayant obtenu la concession du territoire, il y éleva une église, rassembla les habitants dispersés et fonda la nouvelle ville de Salzbourg, dont il fut le premier évêque. Afin d’étendre son apostolat, il retourna en Gaule et en ramena deux colonies, l’une de moines, l’autre de femmes consacrées à Dieu ; dans le cloître réservé à ces dernières il plaça comme abbesse Ehrentrude, que l’on croit être sa nièce. Rupert bâtit encore plusieurs monastères

29 mars. — SAINT EUSTAISE.

et contribua puissamment, par sa parole et son exemple, à inaugurer en pleine barbarie une véritable société chrétienne. Sentant sa fin prochaine, il désigna saint Vital pour son successeur, et revint à Worms; là, le jour de Pâques 718, après avoir célébré la messe et béni le peuple, il se prosterna en oraison et mourut. Ses reliques furent plus tard transférées à Salzbourg, qui l’adopta pour patron.

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