‹ La Vie des saintsChapitre 108 sur 536 · SAINT JEAN D’ÉGYPTE · texte numérisé non relu

SAINT JEAN D’ÉGYPTE

Pauvre artisan de la Haute-Égypte, il était charpentier de son métier. Vers 330, il se mit sous la direction cl’un vieil anachorète. Celui-ci le soumit à toutes sortes d’épreuves, sans parvenir à le surprendre en défaut. Il lui ordonna plusieurs choses qui paraîtraient ridicules aux yeux du monde, par exemple d’arroser deux fois par jour une branche d’arbre desséchée ; Jean le fit une année entière, bien qu’il lui fallût aller chercher l’eau assez loin de là. Aussi doit-on attribuer à son obéissance et à son humilité les grâces extraordinaires dont Dieu le favorisa dans la suite. Après la mort de son maître, il se retira sur le sommet d’un rocher escarpé, près de Lycopolis (Siout) ; il mura la porte de sa cellule, et n’y laissa qu’une petite ouverture par laquelle on lui passait des aliments, c’est-à-dire des herbes et des fruits, puisque jamais il ne mangea de pain ni de choses cuites. Il consacrait cinq jours par semaine à la méditation; il n’était permis de

l’entretenir que le samedi et le dimanche, encore les hommes seuls jouissaient de cet avantage. On bâtit auprès de sa cellule une sorte d’hôtellerie, où ses disciples recevaient les étrangers.

Jean possédait à un degré éminent le don de prophétie, savait lire au fond des coeurs et guérissait les malades avec de l’huile bénite. Il prédit plusieurs victoires à l’empereur Théodose Ier, ainsi que sa mort et l’avènement d’un de ses fils en Occident. Il mourut nonagénaire, à la fin de 394, après avoir reçu, quelque temps auparavant, la visite de Pallade, qui a raconté sa vie, et de saint Pétrone, abbé de Tabenne.

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