SAINT FRANÇOIS DE PAULE
François Martorello naquit, vers 1416, dans une bourgade de la Calabre, à Paola ou Paule, dont il porta le nom. Cédant à une pieuse vocation, il pria ses parents, dès l’âge de treize ans, de le conduire dans un couvent de Cordeliers. Après y avoir pratiqué une étroite observance, sans faire profession, il se retira sur le bord de la mer, dans le creux d’un rocher, couchant sur la terre nue et vivant d’herbes qu’il cueillait lui-même. Peu à peu le nombre de ses disciples augmenta, et en 1454 il entreprit de bâtir un monastère avec l’aide empressée des populations voisines. Sans rien diminuer pour lui-même de ses premières austérités, il assujétit ses religieux à observer constam-
Fig. 56. — Médaille de Louis XI (face et revers), par F. Laurana. XV p siècle.
ment l’abstinence du carême, et ce fut l’objet d’un quatrième voeu ; il ne leur recommanda pas moins la charité, qu’il prit pour devise, et l’humilité, d’où ils furent appelés Minimes, c’est-à-dire les plus petits dans la* maison du Seigneur. L’ordre des Ermites de Saint-François fut approuvé, en 1474, par Sixte IV.
On ne parlait partout que du (( saint homme de Calabre », de ses mortifications, de ses prophéties et de ses nombreux miracles. Le bruit s’en répandit en France, et Louis XI, dans sa dernière maladie, imagina de le faire venir pour obtenir par ses mérites que Dieu lui accordât guérison. Il ne fallut pas moins que l’ordre de son souverain et deux brefs du pape pour décider François à un tel voyage. A son pas-
3 avril. — SAINT RICHARD.
sage à Rome, Sixte IV l’entretint longuement; il lut si édifié de sa parfaite simplicité et du sens profond de ses discours, qu’il voulut lui conférer les ordres; mais le vieillard déclina cet honneur, ne se croyant pas assez instruit. Arrivé au Plessis-lès-Tours (14 avril 1483), le roi tomba à genoux devant lui pour le conjurer de prolonger sa vie. Il le logea au château et le combla de présents. C’est ainsi qu’il lui avait donné une statue de la Vierge en argent. «Je porte la Vierge dans mon cœur, répondit le saint, et une simple image me suffit. » Son langage respirait la piété la plus vive. « Je l’ai maintes fois ouï parler, rapporte Commines; il semblait qu’il fût inspiré du Saint-Esprit. » Il apprit au roi qu’il devait quitter tout espoir de guérir et que son heure était venue, et il l’assista dans ses derniers moments (30 août 1483).
Charles VIII et Louis XII honorèrent ce grand serviteur de Dieu d’une façon toute particulière : le premier lui fit bâtir un monastère dans le parc du Plessis et un autre à Amboise ; le second octroya, poulie retenir en France, de grands privilèges à son ordre. Saint François mourut le 2 avril 1507, presque centenaire. Il fut canonisé en 1519 par Léon X.