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SAINT GAUTIER

Natif du village d’Andainville, en Picardie, Gautier renonça au monde pour entrer au monastère de Rebais. En 1060, des religieux qui s’étaient établis à Pontoise le demandèrent pour abbé; il résista longtemps, mais le roi Philippe Ier, qui avait pour lui une vénération

8 avril. — saint Gautier.

prit secrètement la fuite. L’abbaye de Cluny lui parut une retraite sûre pour se livrer en toute humilité au recueillement et à la contemplation. On finit par le découvrir, et il fut ramené dans sa communauté. Afin d’accommoder ses goûts avec ses devoirs, Gautier se renferma dans une cellule écartée, ce qui fut, paraît-il, d’un usage assez fréquent dans certaines maisons bénédictines. Aspirant toujours aune perfection

singulière, le décida à obéir. Il avait un jugement solide, une sincérité parfaite, une éloquence aisée ; il savait prendre diverses formes suivant les gens, fier envers les superbes, doux avec les petits. Cependant, tourmenté de la crainte que sa charge ne lui inspirât de la vanité, il

Fig. 59. —

Bague et croix abbatiale (face et revers) de sainte Vaudra. Reliques conservées dans l’église de Sainte- Vaudra, à Hons.

plus haute, il médita une seconde fuite : cette fois il choisit une île de la Loire, près de Tours, et édifia tous les riverains par sa piété extraordinaire, à ce point que le bruit en vint jusqu’à ses religieux. Il se rendit à leurs désirs, mais il ne fallut rien moins que l’intervention du pape Grégoire VII, qui avait appris à l’apprécier, pour l’obliger à ne plus abandonner son rang. *

L’église traversait alors une crisè douloureuse : les princes trafiquaient souvent des évêchés et des bénéfices; la simonie était devenue en France le principal revenu de la royauté, celui dont elle tirait les produits les plus abondants. Gautier, à ce sujet, adressa d’énergiques remontrances au roi Philippe : il lui demanda d’où il tenait les clefs du domaine spirituel, et le rendit responsable du fléau qui dévastait l’Église puisqu’il vendait les charges à des clercs qui, à leur tour, vendaient le sacerdoce.

Dans un concile provincial assemblé à Paris, où les évêques avaient protesté contre la prétendue tyrannie des décrets de réforme de Grégoire VII, il en soutint avec force la nécessité. Les prélats, irrités, le chassèrent ; leurs satellites le couvrirent de soufflets et de crachats ; on alla même jusqu’à le menacer de mort, à quoi il répondit : « J’aime mieux mourir pour la vérité que céder lâchement au mensonge. )) Cela se passait en 1074. Le courageux confesseur mourut à Pontoise, le 22 mars 1095, et fut enterré dans l’église de Notre-Dame.

SAINTE VAUDRU.

La famille de sainte Vaudra fournit à l’Eglise, comme celle de sainte Gudule, une pépinière de glorieux confesseurs. Elle avait pour chef, au septième siècle, le comte Walbert, et pour siège de ses grands domaines le château de Coursolre, près d’Avesnes. La femme de Walbert, sainte Bertilie, donna à ses deux filles les plus beaux exemples de

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