‹ La Vie des saintsChapitre 126 sur 536 · SAINT FULBERT · texte numérisé non relu

SAINT FULBERT

Fulbert, né vers 950, à Rome, fut amené de bonne heure en France, et dut à l’Eglise le bienfait d’une éducation que ses parents, pauvres et obscurs, étaient hors d’état de lui donner. Envoyé à la célèbre école de Reims, il y fit de grands progrès ; Gerbert, qui professait alors les mathématiques, se souvint de lui lorsqu’il devint pape sous le nom de Sylvestre II, et eut recours en plusieurs occasions à ses talents.

Fulbert s’établit à Chartres en qualité de chancelier du diocèse, et ouvrit une école qui lui valut les louanges de tous ses contemporains. Le concours des étudiants, accourus d’Allemagne, d’Italie et de nos provinces, y fut si grand qu’elle mérita le titre d 'académie. Doué d’une rare éloquence, il s’efforçait, au lieu de les dominer, de gagner ses disciples par la persuasion. Il enseignait la grammaire, la musique, la dialectique, aussi bien que la théologie. On voit par un passage de ses écrits qu’il n’était point étranger à la médecine.

Elu évêque de Chartres en 1007, Fulbert n’en continua pas moins ses leçons publiques. Grands et petits, prélats et souverains le consultaient comme un oracle, en particulier le roi Robert, avec lequel il entretenait des relations presque amicales. Ces travaux multiples ne l’empêchaient pas de s’appliquer sévèrement aux exercices de piété : il prêchait la parole de Dieu, dressait des canons pour la pénitence, composait des hymnes, introduisait la notation musicale de Gui d’Arezzo dans la liturgie, réprimait les abus avec une douceur et une fermeté qui lui attiraient également le respect et l’affection. Il avait pour la sainte Vierge une dévotion extrême. C’est à elle qu’il dédia la magnifique cathédrale de Chartres, commencée en 1020, et il y établit la fête de la Nativité, en reconnaissance d’une apparition qu’elle aurait daigné lui faire pendant une grave maladie. Il mourut, comblé de mérites, le 10 avril 1029. Son nom est inscrit dans le Martyrologe de France.

Parmi les écrits de Fulbert, ses nombreuses Lettres forment un recueil intéressant pour l’histoire contemporaine.

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