‹ La Vie des saintsChapitre 127 sur 536 · AVRIL. — SAINT LÉON LE GRAND · texte numérisé non relu

AVRIL. — SAINT LÉON LE GRAND

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Fig. GO. — Pourtour du chœur de Notre-Dame de Chartres, foudée par saiut Fulbert. XIe siècle.

Célestin Ier, qui l’avait baptisé, le nomma archidiacre et eut recours à son habileté dans plusieurs affaires considérables. C’est ainsi que Léon fut mis en rapport avec saint Augustin et saint Cyrille, et qu’il eut la difficile tâche de réconcilier Albinus et Aétius, les deux meilleurs généraux de l’Occident. Il était encore en Gaule lorsqu’à la mort de Sixte III, il fut élu pour lui succéder (29 septembre 440).

Jamais pontife ne s’était trouvé au milieu de circonstances plus critiques. L’empire, gouverné par une femme au nom d’un enfant, était menacé par les incursions des barbares, et l’Eglise avait à combattre l’hérésie sans cesse renaissante, et soutenue par l’autorité de la cour. Il fallait défendre le dogme, rétablir et fortifier la discipline, opposer une digue au torrent des mauvaises moeurs, maintenir la suprématie de la chaire pontificale; et pour cela réunir l’esprit le plus délié au caractère le plus vigoureux, un savoir consommé à la beauté de l’éloquence, les humbles vertus aux qualités de l’homme d’Etat. Léon ne faillit point à l’oeuvre, et mérita la double couronne de saint et de grand que lui décernèrent ses contemporains.

Les manichéens, chassés d’Afrique, infestaient Rome. Le pape découvrit leurs assemblées secrètes, fit brûler leurs livres et ne leur laissa d’autre ressource que dans la rétractation de leurs erreurs ou le bannissement. Se tournant ensuite contre les pélagiens et les priscillianistes, il poursuivit ceux-là dans la province d’Aquilée, ceux-ci en Espagne, et les réduisit promptement à l’impuissance. Mais la plus formidable hérésie était celle d’Eutychès. abbé d’un monastère voisin de Constantinople ; par son refus opiniâtre de reconnaître en Jésus les deux natures, divine et humaine, il avait bouleversé tout l’Orient. Un moment il parut triompher : grâce à la faiblesse de l’empereur Théodose et aux intrigues de sa femme Eudocie, un frauduleux concile fut tenu à Ephèse, qui lança l’anathème contre Léon et déposa le patriarche Flavien, son ami (449).

Deux ans après, le concile œcuménique de Chalcédoine, présidé par les quatre légats romains, condamnait l’hérésiarque dans les formes les plus solennelles, et saluait d’acclamations unanimes la belle lettre du pape sur le mystère de l’Incarnation.

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