‹ La Vie des saintsChapitre 136 sur 536 · AVRIL. — LE VÉNÉRABLE CÉSAR DE BUS · texte numérisé non relu

AVRIL. — LE VÉNÉRABLE CÉSAR DE BUS

de deux de ses frères. 11 leva une compagnie et guerroya contre les huguenots. La peinture et la poésie fournirent ensuite un aliment à son imagination. A Paris, où il alla passer trois ans, il ne trouva aucun des avantages qu’il s’était promis d’y rencontrer. Il en était venu au dégoût de la vie quand les exhortations d’une bonne veuve, sa voisine, finirent par lui dessiller les yeux : la grâce le toucha.

Après avoir gagné le grand jubilé de 1575, César fut complètement converti. Il vint à Cavaillon s’exercer aux œuvres de charité dans l’hôtel-Dieu, qu’il choisit pour sa demeure. L’évêque l’ayant fait chanoine de la cathédrale, la prière, l’étude, l’instruction des ignorants, le soulagement des pauvres et des affligés, la mortification de ses sens devinrent ses seules occupations. Ayant reçu la prêtrise (1582), il redoubla d’austérités et passa six années dans un ermitage, situé sur une montagne des environs. De là il allait prêcher dans les campagnes. Un jour, des paysans le chassèrent de leur village avec force injures; ayant appris, quelque temps après, que la peste sévissait chez eux, il se porta à leur secours, les soigna ou les convertit, et ce fut en forçant ainsi leur vénération qu’il tira vengeance de l’affront qu’il avait reçu d’eux.

Peu content d’instruire et de catéchiser lui-même, César voulut perpétuer ces utiles fonctions en fondant une congrégation de clercs réguliers, appelés de la Doctrine chrétienne, parce que leur fonction particulière est d’enseigner cette doctrine avec méthode et simplicité. S’inspirant du catéchisme composé d’après le concile de Trente, il exposa en trois instructions différentes (petite, moyenne et grande doctrine) toutes les connaissances que l’Eglise indique comme nécessaires au chrétien. L’institut nouveau, excellente barrière à opposer aux progrès du calvinisme, fut approuvé en 1599. César en fut élu le premier supérieur, et proposa, pour toute règle, à ses disciples l’Evangile et les canons, ainsique le simple vœu d’obéissance.

Dans les dernières années de sa vie, il devint aveugle, sans interrompre pour cela ses conférences habituelles, et tomba ensuite dans un état d’épuisement et de marasme, qui le conduisit rapidement au tombeau. Il expira, le 15 avril 1607, à Avignon. On lui doit aussi

l'établissement en France de la congrégation des ursulines, destinée à l’éducation des filles. Beaucoup d’hommes distingués de l’époque furent ses admirateurs ou ses amis, entre autres le cardinal de Bérulle. Pie VII l’a déclaré vénérable en 1821.

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