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SAINT PATERNE

Paterne, vulgairement appelé Pair, naquit à Poitiers, en 482. Ses

parents l’élevèrent dans une

grande piété, et ne firent point obstacle à son désir d’entrer en religion. Après un certain temps d’épreuves au couvent de Saint- Jouin, il forma le projet d’aller vivre dans une entière solitude : en compagnie d’un moine nommé Scubilion, il traversa le Poitou, la Touraine, la Normandie, et s’arrêta enfin au bord de la mer, dans le pays du Cotentin. Il y mena une vie très dure, et joignit sans cesse le jeûne à l’oraison. Plusieurs disciples voulurent se placer sous sa conduite ; il leur bâtit de petites cellules écartées, et défricha avec eux une partie de l’antique forêt qui couvrait le pays, et dans les retraites de laquelle

Fig. 66. — Esus, le grand dieu de la nature chez les Gaulois. Monument celtique conservé au musée de Cluny.

16 avril. — SAINT FRUCTUEUX.

les Gaulois venaient encore sacrifier à Ésus, le grand dieu de la nature. Paterne, qui avait le don de l’éloquence, arracha les restes de l’idolâtrie dans le Bessin et le Cotentin ; saint Gaud, le futur évêque d’Evreux, contribua activement à cette tâche apostolique.

En 552, il fut appelé à occuper le siège d’Avranches, et continua son œuvre par la fondation d’un grand nombre de monastères. Il mourut en 565, le 16 avril, le même jour que saint Scubilion, son ami. On les inhuma dans l’église du village, qui prit dès lors le nom de Saint- Pair.

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