SAINT FRUCTUEUX
Contemporain d’Isidore de Séville et d’Ildefonse de Tolède, F ructueux propagea en Espagne le véritable esprit monastique. Il était, dit-on, d’origine grecque et fils d’un chef goth, qui possédait de vastes domaines dans le Vierzo, entre Léon et les Asturies. De bonne heure, il éprouva un vif attrait pour cette contrée sauvage, et, après quelque séjour à Palencia auprès de l’évêque, il y revint fonder un monastère (celui de Complutum ou Alcala de Hénarès), qu’il dota en partie de son héritage. Le reste fut consacré à d’autres établissements semblables, car la soif de pénitence, non moins que le désordre des temps, poussait les gens de toutes classes à embrasser la vie cénobitique. Le nombre en devint fort grand, et le duc d’une des provinces représenta au roi que, si l’on n’y mettait obstacle, il n’y aurait bientôt plus assez d’hommes pour recruter les armées. Quant à Fructueux, il couvrit les côtes de la Cantabrie et de la Lusitanie de communautés, pour lesquelles il composa deux règles, qui ont beaucoup de rapports avec celle de saint Benoît. Il se dérobait à sa propre renommée, allait vivre au milieu des bois ou des rochers, et retrempait dans l’isolement et la prière son infatigable activité. Ses pénitences et ses voyages ne l’empêchaient pas de cultiver les lettres et de se livrer à la poésie. En 656, les Pères du concile de Tolède l’élevèrent, d’une voix unanime, à l’évêché de Braga, en Portugal, parce qu’il possédait en un degré éminent toutes les qualités
que saint Paul exige d’un pasteur chrétien; aussi remplit-il avec la plus grande édification les devoirs de sa charge, sans rien diminuer des austérités qu’il avait pratiquées dans la solitude. Il expira dans son église, couché sur la cendre et les mains élevées vers le ciel (15 avril 665). Ses reliques sont à Compostelle.
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