SAINTE GUDÜLE ET SAINTE AMÉLIE
La mère de Gudule s’appelait Amelberge, nom qui, plus tard, se changea, par euphonie, en celui d 'Amélie; elle était fille de Pépin d’Héristal, le tout-puissant maire du palais, qui la donna en mariage à Witger, seigneur austrasien. Admirable modèle des épouses et des mères, elle fit de son château de Ham, situé près d’Alost, l’asile de toutes les vertus chrétiennes. En même temps que son mari entrait en religion, elle prit le voile au couvent de Maubeuge et y mourut vers l’an 690. On célèbre sa fête le 10 juillet. Ses trois enfants furent aussi canonisés : Emebert, évêque de Cambrai ; Renilde , massacrée vers 680 par les Saxons dans le Hainaut, et Gudule, dont nous allons parler.
Née en 648, Gudule fut tenue sur les fonts baptismaux par sainte Gertrude, sa tante, qui la voulut retenir à ses côtés pour l’élever en la crainte de Dieu dans le monastère de Nivelle, dont elle était abbesse ; mais cette tendre parente étant passée à une vie meilleure (659), la petite fille revint chez son père, où elle montra, par sa conduite, à quel point le jugement qu’on avait fait de sa sainteté se trouvait véritable. En effet, elle vécut au milieu du monde comme une fille cloîtrée, dans le jeûne, la prière et la pratique des bonnes oeuvres. Son
8 janvier. — SAINTE GUDULE.
excessive modestie l’amena à choisir la petite église de Morzelle, distante d’environ une lieue du château, pour y faire ses dévotions et se recueillir dans une complète solitude. Elle s’y rendait pieds nus, dès la première heure, et souvent le soir, accompagnée d’une femme qui
Fig. 6. — L’église de Sainte-Gudule, à Bruxelles. Miniature d’un Traité sur la miséricorde, ms. dn XVe siècle.
portait une lanterne ; on raconte même qu’un coup de vent l’ayant éteinte, Gudulepria la Lumière éternelle de l’assister dans les ténèbres, et la lanterne fut miraculeusement rallumée. Il lui arriva une fois de rencontrer sur ce chemin une pauvre femme bien affligée, à cause de son enfant, âgé de neuf ans, qu’elle avait avec elle ; il était si couvert de plaies et d’ulcères, qu’il ne pouvait lever les yeux, ni parler ni même s’aider de ses mains pour manger. La sainte fille, le voyant
en ce triste état, supplia Dieu, dans toute la ferveur de son âme, d’avoir pitié de lui; puis, l’ayant embrassé, elle le rendit à sa mère en bonne voie de guérison. Une autre fois, elle obtint par son intercession une semblable cure en faveur d’une lépreuse, dont la peau redevint, à l’attouchement de Gudule, parfaitement nette.
Elle parvint à un âge assez avancé, et mourut le 8 janvier 712, au couvent de Nivelle, où elle s’était retirée. Son corps, inhumé à Morzelle, fut transporté, vers 996, en grande pompe à Bruxelles, dans l’église de Saint-Gery, puis dans celle de Saint-Michel, qui fut placée, de nos jours, sous son invocation. En outre, elle est devenue la patronne de la capitale de la Belgique.