SAINT RIQUIER
Deux disciples de saint tlolomban, Irlandais comme lui, prêchaient la foi dans le Ponthieu, vers l’embouchure de la Somme. Les habitants les chargèrent d’injures, et ils s’étaient jetés sur eux pour les chasser violemment du pays, lorsqu’un seigneur nommé Riquier vint à leur se-
cours et les recueillit clans sa maison. En échange de son hospitalité, ils lui inspirèrent l’amour des vertus chrétiennes, ce Riquier, devenu prêtre et religieux, » dit Montalembert, cc se mit lui-même à prêcher les populations qui avaient si mal reçu ses hôtes. Il réussit au delà de toute attente, et se fit écouter non seulement des pauvres dont il consolait les misères , mais des riches et des puissants dont il réprimait durement les excès. Les succès de son éloquence étaient aussi des triomphes pour la charité : on lui apportait en masse des aumônes qu’il consacrait à racheter des captifs, à soulager les lépreux et autres malheureux atteints de maladies contagieuses et dégoûtantes. Après avoir étendu dans Elle de Bretagne ses courses apostoliques, il revint fonder sur ses domaines, à Centule, au nord de la Somme, un monastère qui devait plus tard prendre son nom (628). ))
Le jeune roi Dagobert, qui venait de succéder à son père en Neustrie, vint visiter Riquier dans sa retraite, et, loin de se fâcher des vérités qu’il avait exprimées avec une liberté sacerdotale, lui fit une donation spécialement destinée à entretenir le luminaire de son église. Cependant, comme à tant d’autres saints, la dignité abbatiale et le souci des affaires 11e convenaient pas à Riquier. Afin de travaillera l’oeuvre de son salut, il résigna la communauté à l’un de ses disciples et, suivi d’un seul compagnon, s’alla cacher dans la forêt de Crécy. Dès lors il pratiqua des austérités si terribles, des jeûnes si longs, une oraison si assidue, qu’il n’avait plus que la peau et les os, et qu’à peine pouvait-il soutenir son corps sur un bâton. Une foule de malades assiégeaient sans cesse son ermitage, et il n’y en avait guère qui n’en revinssent soulagés ou même guéris. Ce fut là que mourut Riquier, vers 645. Son abbaye, détruite en partie par la foudre en 1710, est occupée par le petit séminaire du diocèse d’Amiens.