‹ La Vie des saintsChapitre 159 sur 536 · SAINT JACQUES ET SAINT PHILIPPE · texte numérisé non relu

SAINT JACQUES ET SAINT PHILIPPE

acques, dit le Mineur pour le distinguer du fils de Zébédée, était né à Nazareth bien avant Jésus; il avait pour pèreCléophas et pour mère Marie, parente de la sainte Vierge. Fort attaché à la loi de Moïse, il 11e se pressa point de reconnaître la mission divine du Sauveur. « Ses frères, » dit l’Evangile (c’est-à-dire ses cousins), « ne cro}raient pas en lui; » mais, plus tard, ils prouvèrent, au péril de leur vie, qu’ils avaient bien changé de pensée. Jacques fut appelé à l’apostolat en même temps que Jude, son frère, et vit, après la résurrection, le Seigneur lui apparaître en particulier. Au moment de se séparer, les apôtres le mirent à la tête de l’église de Jérusalem (33), ce qui lui donna, après le départ de saint Pierre, une autorité immense.

Les Juifs le tenaient presque en la même vénération que les chrétiens, à cause de son éminente sainteté, qui lui valut le surnom de Juste. C’était un ascète, vêtu de simple toile et pratiquant toutes les abstinences;

il s’était interdit l’usage des bains et des parfums, ne coupa jamais ses cheveux, et passait de longues heures à prier dans le temple. Lors du premier concile, tenu en 51 à Jérusalem, il fit dispenser les gentils de la circoncision et autres cérémonies légales, et n’exigea d’eux que de s’abstenir de l’idolâtrie, de la fornication et du sang. Vers l’an 59, il adressa à tous les Juifs convertis, qu’il appelait « les douze tribus dispersées )), une épître canonique, qui contient d’admirables règles de conduite. « La religion pure et vraie devant Dieu, notre père, )) dit-il, « consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. — Que tout homme soit prompt à entendre , lent à parler et lent à s’irriter. — Comme un corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. »

Cependant, les chefs de la synagogue s’alarmaient des progrès du christianisme, et surtout le grand prêtre Anne, fils de celui qui avait tant contribué au supplice de Jésus. La mort du procurateur F estus ayant laissé la Judée sans gouvernement, Anne en profita pour citer Jacques devant le sanhédrin et l’accuser d’avoir violé la loi de Moïse, lui qui en était resté un des plus rigides observateurs. Sommé de déclarer que Jésus n’était point le fils de Dieu, le saint vieillard s’y refusa avec force et fut condamné à la lapidation; comme on avait peine à l’achever, un foulon lui cassa la tête d’un coup de maillet (1er mai 62).

Philippe, natif de Bethsaïda, en Galilée, était marié lorsque le Seigneur l’invita à le suivre. Peu après sa vocation, il lui amena Nathanaël, son ami, et prit place parmi les apôtres. Il alla prêcher l’Evangile dans les deux Phrygies, s’établit à Hiérapolis et y mourut, fort âgé, vers l’an 80. Il avait quatre filles, dont deux vieillirent dans la virginité et furent douées du don de prophétie. Saint Jean l’honorait de son amitié, et saint Poly carpe eut le bonheur de converser avec lui.

Page 1