SAINTE CATHERINE DE SIENNE
Catherine, née le 23 mars 1347, était la fille d’un teinturier de Sienne, en Toscane. Une vision qu’elle eut dès le premier âge fut pour elle la première initiation à la vie intérieure et mystique. La solitude l’attirait au point qu’elle s’alla cacher un jour dans une grotte des environs. Soutenue dans un corps délicat par une âme brûlante et sensible, et par un caractère énergique, elle n’aspirait qu’à prier et à faire pénitence. A quinze ans, elle s’engagea dans le tiers ordre de Saint-Dominique, qui n’était point assujetti à la clôture. Dès lors, elle ne mit plus de bornes à ses mortifications : elle s’interdit l’usage de la viande, souvent même celui du pain, couvrit ses reins d’un cilice et d’une chaîne de
30 avril. — SAINTE CATHERINE DE SIENNE.
fer hérissée de pointes, ne sortit que pour se rendre à l’église ou pour exercer les œuvres de miséricorde, et observa durant trois années un silence absolu. Parmi les personnes affligées qu’elle entreprit de secourir, il y eut deux femmes, attaquées l’une de la lèpre, l’autre d’un cancer horrible , et qui répondirent à ses soins en la diffamant d’une manière cruelle. Dans l’exercice de son ardente charité , elle avait plus
Fig. 75. — Sainte Catherine de Sienne guérissant une femme malade.
D’après une peinture de l’école de Sienne. XV0 siècle.
en vue les âmes que les corps; de là, ce zèle infatigable pour la conversion des pécheurs. Ses actes, ses discours, sa présence seule , avaient une puissance secrète qui incitait à la vertu; l’on ne pouvait l’approcher sans devenir meilleur. Pendant la peste de 1374, elle se dévoua héroïquement à Sienne et à Pise , et rendit la santé à un grand nombre de malades.
Le même motif de charité ou d’obéissance lui fit entreprendre divers voyages, surtout pour la pacification de l’Eglise. Deux choses la préoc-
cupaient : la délivrance du saint Sépulcre et le retour des papes à Rome. Elle s’adressait aux souverains, aux chefs populaires, afin de les exhorter à la croisade. Tandis qu’elle s’épuisait en efforts à prêcher la paix de tous côtés, les excès de tous genres commis par les légats pontificaux amenèrent un soulèvement général (1375). Reprenant sans se décourager son rôle de médiatrice, Catherine tente d’apaiser les uns et de conseiller les autres , et part enfin pour Avignon , résidence des papes depuis soixante-dix ans. A peine arrivée, elle est en butte à des soupçons injurieux ; on la soumet à une sorte d’enquête sur ses révélations, sur sa manière extraordinaire de vivre, sur les conversions miraculeuses qu’elle a opérées. Grégoire XI, de son côté, l’accueille avec bienveillance, rend hommage à sa prudence et à sa pureté, et s’engage vis-à-vis d’elle à rentrer dans Rome.
* Pendant que le retour de la papauté mettait fin à un trop long exil, Catherine facilitait l’acte de réconciliation entre l’Eglise et Tltalie. Puis, reprenant sa vie contemplative et ascétique, elle dicta, pendant ses extases, le Dialogue de la divine Providence , résumé de sa doctrine, où elle s’élève aux plus hautes régions du mysticisme. Appelée à Rome par Urbain VI, elle s’établit avec ses disciples dans une maison écartée et y vécut dans les privations et les souffrances. La mort l’enleva à trente-trois ans , le 29 avril 13S0. Dès que Pie II l’eut canonisée, son culte se propagea rapidement ; de grands honneurs lui furent décernés, et beaucoup de couvents s’élevèrent sous son invocation.
1er MAI.