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SAINT MARCOUL

D’origine franque, Marculfe ou Marcoul, né à Bayeux, renonça à son héritage pour se mettre sous la conduite de saint Possesseur, évêque de Coutances. Ordonné prêtre à trente ans, il consacra sa vie à prêcher la foi aux habitants du Cotentin, et ses instructions, appuyées par un caractère affable et généreux, produisirent de bons fruits sur cette terre de vieilles superstitions. Accompagné de deux disciples et monté sur son âne, il alla un jour trouver le roi Childebert à Paris, et lui demanda un domaine appelé Nanteuil et situé non loin de la mer, afin d’y établir un couvent, où l’on prierait pour le roi et pour la nation des Francs. Childebert satisfit à sa requête. Cette fondation achevée, Marcoul, que tourmentait le besoin de solitude, se retira dans une île du littoral, à peine habitée par une trentaine de pêcheurs, et nommée Agna (aujourd’hui l’une des îles Normandes). Une bande nombreuse de pirates saxons y fit une descente. (( Prenez courage, )) dit le saint aux habitants effrayés ; (( marchez contre l’ennemi, et Dieu combattra pour vous. )) Leur attitude résolue mit en fuite les païens, et une seconde fondation marqua l’emplacement de cette victoire de la foi.

Avant de mourir, Marcoul voulut obtenir de Childebert la confirmation des pieuses donations qu’il avait reçues. En approchant de Compïègne où résidait le roi, et comme il était assis au bord de l’Oise, un lièvre vint se réfugier sous sa robe. L’un des chasseurs qui le poursuivaient l’oblige, après beaucoup d’injures, à lâcher la bête ; aussitôt chiens

1” mai. — SAINT MARCOUL.

it chevaux s’arrêtent immobiles, l’insolent est jeté à terre, le ventre mvert, et ne se relève guéri que par un miracle du saint. Childebert,

Fig. 77. — Le roi de France, ayant été sacré, se rend à l’abbaye de Saint-Marcoul, où il touche les écrouelles. D’après une miniature du XVIe siècle.

ayant appris ce qui se passait, va au-devant de son ami, sollicite sa bénédiction et le ramène au château, où il lui accorde tout ce qu’il demande, par un acte dont la reine Ultrogothe et les leudes présent s furent

les témoins. Marconi mourut en 558, à Nanteuil, et fut enterré par saint Lô, évêque de Coutances. Afin de soustraire son corps à la profanation des Normands, qui ravageaient le pays, on le porta, vers le milieu du neuvième siècle, à Corbeny (diocèse de Laon). On invoque saint Marco ul contre les écrouelles. Aussi les rois de France, après leur sacre, allaient-ils faire une neuvaine à son tombeau, en reconnaissance du privilège qu’ils croyaient avoir de guérir cette maladie.

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