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SAINT ANTONIN

Fils unique d’un notaire de Florence, Antoine Pierozzo, né en 1389, fut appelé Antonin à cause de sa petite taille. Il était d’un si bon naturel que l’on eût dit la vertu née avec lui. Un grand élan de ferveur le porta à prendre, dès l’âge de seize ans, l’habit des dominicains.

2 mai. — SAINT ANTONIN.

Quoique d’une constitution délicate, son zèle et son courage surpassaient ses forces, à tel point qu’il ajouta encore aux rigueurs de la règle. Il gouverna, l’un après l’autre, une dizaine de couvents, y établit ou raffermit partout la discipline en payant d’exemple, et fut élu vicaire général d’une nombreuse congrégation de son ordre, laquelle avait embrassé une réforme très austère. En 1446, Eugène IV, qui l’avait appelé en qualité de théologien au concile de Florence, le nomma archevêque de cette ville. Cette décision plongea notre saint dans une douleur profonde ; en vain allégua-t-il ses fréquentes maladies et son indignité

Fig. "9. — Saint Antonin, archevêque de Florence. D'après une peinture à fresque de fra Augelieo, au couvent de Saint-Marc, à Florence. XVe siècle.

personnelle, il dut céder devant un ordre exprès, sous peine d’excommunication.

Rien ne fut changé dans sa conduite ; il réduisit les dépenses de sa maison au strict nécessaire. Accessible à tous, on se trouvait si bien de ses avis et jugements, qu’on l’avait surnommé le Conseiller. Sa charité était infatigable : quand il n’avait pas d’argent, il donnait jusqu’à ses meubles et ses habits 5 il vendit plusieurs fois sa mule pour en convertir le prix en aumônes. Il fonda un établissement destiné à soulager les pauvres honteux. Ayant appris que deux mendiants avaient amassé de grosses sommes d’argent, il leur en enleva la plus forte partie pour la distribuer à ceux qui en avaient réellement besoin. La peste, la famine, les tremblements de terre qui décimèrent son troupeau lui furent des occasions de se dévouer d’une façon héroïque ; il brava la contagion, nourrit les affamés en faisant appel à la générosité publique, logea les nécessiteux en attendant qu’il fît rebâtir leurs maisons.

Au milieu de tant de soins et de travaux, Antonin trouva le temps de composer, sur la théologie morale, le droit et l’iiistoire ecclésiastique, de volumineux ouvrages, qui lui acquirent beaucoup de réputation. « Servir Dieu, c’est régner, » répétait-il souvent. Il mourut à Florence, le 2 mai 1459, et fut inhumé dans l’église de Saint-Marc. Cosme de Médicis lui accordait toute sa confiance. Eugène IV voulut mourir entre ses bras ; Pie II assista à ses funérailles. Les miracles opérés par son intercession déterminèrent Adrien IV à le canoniser en 1523. Il est le patron de Florence.

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