‹ La Vie des saintsChapitre 166 sur 536 · SAINT HILAIRE D’ARLES · texte numérisé non relu

SAINT HILAIRE D’ARLES

Hilaire, né vers 400, sortait d’une famille honorable, qui lui fit donner une éducation digne du rang qu’il devait occuper dans le monde. Aussi se montra-t-il d’abord très épris des avantages que lui promettaient sa fortune et ses talents, et il fallut l’intervention de saint Honorât, son parent, pour changer le cours de ses fausses idées ; à force d’instances, de caresses et de larmes, il réussit à le gagner à Dieu. Dès son entrée à Lerins, Hilaire fut un homme nouveau : son zèle, sa recherche des mortifications en firent bientôt le modèle de la communauté.

Désigné par Honorât pour, lui succéder sur le siège d’Arles (429), il conserva dans l’épiscopat la vie pénitente et laborieuse du cloître. Il parcourait son diocèse et les pays voisins toujours pieds nus, même en temps de neige. Enflammé de l’amour des pauvres, il distribua les revenus de son église avec tant de libéralité, qu’il en fut réduit à se servir de calices et de patènes en verre ; après quoi, il travaillait à cultiver les champs ou à tresser des filets pour soulager son peuple misérable ou racheter les captifs traînés en esclavage par les Goths et les Burgondes. Nous lisons même dans son histoire qu’il construisit de ses propres mains, uniquement dans un but charitable, des machines qui marchaient toutes seules, afin de faciliter l’extraction du sel. Il avait un don particulier pour annoncer la parole de Dieu ; on ne se lassait pas de l’entendre, et nombreux étaient les pécheurs qu’il déterminait au repentir et à la pénitence. Il fut un moment en lutte avec Léon Ier au sujet de certains droits canoniques ; mais après sa mort, arrivée le 2 mai 449, ce grand pape lui rendit justice en l’appelant « Hilaire de sainte mémoire ».

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