SAINT MAMERT
C’est un des plus grands saints qui aient éclairé l’Eglise des Gaules au cinquième siècle par leurs vertus et leur doctrine ; pourtant ce qu’on sait de lui se borne à peu de chose. Il succéda à Simplice sur le siège de Vienne, et eut quelques tribulations à propos d’un évêque de Die qu’il avait consacré de bonne foi, bien qu’il fût en dehors de sa métropole. Au jugement de saint A vit et de saint Sidoine, qui le connaissaient, ce fut un pasteur vigilant, joignant à beaucoup d’esprit et de prudence une piété capable d’obtenir du ciel des faveurs extraordinaires et miraculeuses.
Mamert s’est rendu fort célèbre par l’établissement des Rogations. Des éruptions volcaniques, des tremblements de terre et d’autres fléaux qui arrivèrent de son temps mirent tout le pays dans la désolation. En 4G9, les fidèles étant à l’église la nuit de Pâques, le feu prit au palais de la ville, qui n’en était pas loin; tous s’enfuirent dans la crainte d’un embrasement général ; Mamert demeura seul à l’autel, implorant la miséricorde du Tout-Puissant, et le feu cessa tout d’un coup. Voyant donc en ces calamités une marque de la colère divine contre les désordres des hommes, il institua dans son diocèse, pendant les trois jours
SAINT MAIEUL.
qui précèdent l’Ascension, des supplications publiques connues sous le nom de Grandes Litanies. Cet exemple fut bientôt suivi ; le concile d’Orléans, tenu en 511, sanctionna cette pieuse institution par un décret spécial et le pape Léon III l’admit à Rome en 801. Notre saint mourut vers 477.
Il avait un frère, Claudien Mamert, qu’il ordonna prêtre, et qui est cité comme un écrivain élégant de son époque.
SAINT MAIEUL.
Fils d’un des plus riches seigneurs de la Provence, il naquit, vers 906, à Valensoles. Après la mort de ses parents, les incursions fréquentes des Sarrasins l’obligèrent de se retirer à Mâcon. L’évêque de cette ville, charmé de son esprit et de sa vertu, lui donna la tonsure, et le nomma chanoine, puis archidiacre de la cathédrale, à son retour de Lyon, où il avait achevé ses études. Ce fut pour lors que Maïeul se dévoua au service des autels et des pauvres avec un zèle qui répandit au loin le renom de sa sainteté. Il ne réservait de ses grands revenus que la part nécessaire à ses besoins quotidiens, distribuant tout le reste aux malheureux. Il s’occupait aussi de l’instruction des jeunes clercs, tâche pour laquelle il avait une aptitude singulière.
Le goût de la solitude le porta à embrasser l’état monastique dans l’abbaye de Cluny (942). L’éclat de ses mérites ne tarda point à le trahir : il y remplit successivement les fonctions de bibliothécaire, d’apocrisiaire, c’est-à-dire de procureur et de trésorier, et de coadjuteur. Enfin l’abbé Aymar, chargé d’ans et privé de la vue, résigna entre ses mains tout le gouvernement de la maison (961). Maïeul fut un des grands réformateurs de l’ordre monastique; il ne se contenta pas de rétablir à Cluny la plus sévère discipline ; appelé dans divers monastères d’Allemagne, de France et d’Italie, il fit partout refleurir les anciennes pratiques. Doué d’une prodigieuse activité, on le voyait sans cesse occupé à exhorter de vive voix ou par lettres, à prier, à rédiger
(les règlements, à résoudre des cas de conscience. Une de ses dévotions favorites était de suivre les pèlerinages ; il fit de la sorte plusieurs voyages au tombeau des apôtres, et même, à l’un de ses retours de Rome, il rencontra en Provence une bande de Sarrasins, qui le retinrent quelque temps prisonnier, sans lui faire de mal.
Peu d’abbés ont joui à cette époque d’une renommée si étendue.
Othon Ier confia à Maïeul la surveillance de tous . les couvents qui relevaient de l’empire. Il ne jouit pas d’un moindre crédit auprès d’ Othon II, qu’il réconcilia avec sainte Adélaïde, sa mère ; mais les efforts de ce prince pour lui faire accepter
Fig. 87. — Tonsure ecclésiastique. D'après 1 . 1
une lettre ornée d’un ms. du xivc siècle. la tiare demeurèrent
inutiles. En961, Maïeul, souhaitant de consacrer ses dernières années à la méditation et à la pénitence, choisit saint Odilon pour lui succéder. Il entreprit toutefois, à la prière d’Hugues Capet, d’aller mettre la réforme dans l’abbaye de Saint-Denis ; mais il tomba malade en route, et mourut, le 11 mai 994, au prieuré de Souvigny, près Moulins.
Le roi honora ses funérailles de sa présence, et fit de riches présents à son tombeau, sur lequel on éleva bientôt un autel ; c’était alors la manière de canoniser, en quoi l’on suivait l’usage des premiers temps de l’Eglise.
12 mai. — SAINT EPIPHANE.