SAINT EPIPHANE
Issu d’une famille de juifs convertis, il naquit vers 310, au village de Besanduk, près d’Hébron, en Palestine. Le spectacle de la charité d’un moine qui s’était dépouillé de son manteau pour en vêtir un pauvre le tourna vers les idées religieuses. Hilarion, en Judée, l’initia à la vie solitaire ; il parcourut ensuite les déserts de l’Egypte et acquit un grand renom d’austérité sous la direction de Pambon. Rentré dans son pays, il vendit son patrimoine pour construire un monastère, qu’il dirigea lui-même trente années durant. Elevé malgré lui à l’épiscopat par les habitants de Salamine, en Chypre (365), il continua de porter l’habit monastique, sans se départir de ses abstinences rigoureuses , encore moins de ses habitudes d’extrême charité. Non seulement il couvrit l’île de fondations pieuses, mais il apporta un soin jaloux à la préserver des atteintes de l’hérésie, qui avait envahi l’Eglise. C’était le saint et l’oracle de l’Orient.
A la passion de la vie cénobitique Epiphane joignait celle de la science. Il avait appris à fond quatre langues, l’hébreu, le syriaque, l’égyptien et le grec ; il parlait assez bien le latin. Consacrant ses études à la défense de l’orthodoxie, il rechercha dans ses voyages à remettre dans une pleine lumière la pureté de la foi primitive. Il y avait peu d’hérésiarques contemporains avec lesquels il n’eût disputé. Il était l’ami des Basile, des Jérôme, des Athanase et des Chrysostome. On peut dire avec vérité qu’il se constitua la sentitinelle vigilante de l’enseignement chrétien depuis le Pont-Euxin jusqu’à la Lybie. Avec tant de connaissances, il avait l’enthousiasme et la simplicité d’un enfant. En 381, il se rendit à Rome pour soutenir l’élection de Paulin au siège d’Antioche, et logea chez sainte Paule; quatre ans plus tard, il donnait à son tour l’hospitalité à cette illustre veuve, qui allait s’établir en Palestine. Les dernières années de sa vie furent traversées par les chagrins que lui
suscitèrent l’ardeur de son zèle contre les erreurs d’Origène, et les intrigues de Théophile d’Alexandrie. En revenant de Constantinople, il mourut pendant la traversée, le 12 mai 403, âgé d’environ quatre- -vingt-treize ans. Son corps, apporté à Salamine, y fut reçu comme en triomphe, et l’on éleva une église en son honneur. Les ouvrages de saint Epiphane sont nombreux et pleins d’érudition; si le style manque parfois d’élégance, la doctrine en est toujours pure.