SAINTE DENISE
Durant la cruelle persécution de Dèce (250), trois chrétiens de Lampsaque, sur l’Hellespont, assistaient au martyre d’un jeune homme nommé Pierre. Un d’eux, Nicomaque, impatient de répandre son sang pour la foi, s’écria : « Moi aussi, je suis chrétien! » Sommé de sacrifier aux dieux, il refusa et fut étendu sur le chevalet; mais il se laissa vaincre par la douleur, et, sur le point de triompher, il renia Jésus- Christ. Alors Denise, qui se trouvait dans la foule, l’adjura de revenir à la vérité : (( Aie compassion de toi-même, » disait-elle. « Encore un peu de courage, et tu es sauvé des peines de l’enfer. » En entendant parler de la sorte, le proconsul fit approcher Denise. (( Tu es donc chrétienne? » demanda-t-il. — Oui, et c’est pour cela que je plains ce malheureux de n’avoir pas voulu souffrir quelques instants de plus pour gagner le bonheur céleste. — Sais-tu que je puis te traiter de la même manière si tu n’achèves pas le sacrifice qu’il a commencé en l’honneur de Vénus? — Je suis résignée à tout. »
Conduite, suivant une détestable pratique, dans un lieu d’infamie, elle y fut, par miracle, préservée de toute souillure. Ayant appris, le lendemain, qu’on allait lapider les deux compagnons de Nicomaque, appelés Paul et André, elle parvint à tromper la vigilance de ses gardiens, non pour fuir, mais pour se joindre aux condamnés. En arrivant auprès de leurs corps : « Je viens mourir avec vous sur la terre, » dit-elle, « pour vivre éternellement avec vous dans le ciel. » On appela sur-le-champ un des exécuteurs, et Denise eut la tête tranchée; elle avait seize ans. Sa mémoire est honorée le 15 mai.
Une autre Denise, riche et belle veuve d’Afrique, souffrit pour la foi durant la persécution des Vandales, vers 480 ; elle exhorta son fils Majoric à mériter la palme du martyre. On a fixé sa fête au 6 décembre.