SAINT SERVAIS
Servais, dont on ne connaît ni la patrie ni la famille, occupait déjà le siège épiscopal de Tongres, en Belgique, quand saint Athanase fut exilé, en 336, à Trêves. Il reçut avec de grands honneurs cet illustre évêque, et plaida sa cause au concile de Sardique (347). Défenseur ardent du symbole de Nicée, il assista, en 359, au concile de Rimini, où, grâce aux intrigues de ses partisans, l’arianisme sembla triompher un moment; par amour de la paix et circonvenu par les hérétiques , il souscrivit à une confession de foi, rédigée en termes captieux et qui n’avait de catholique que l’apparence. Bientôt il reconnut sa faute, et travailla de tout son pouvoir à dévoiler la fourberie dont il était victime. Servais prédit l’invasion des Gaules par les Huns, qui, entre autres villes, saccageraient celle de Tongres ; il exhorta son peuple à la pénitence, s’offrit lui-même en sacrifice par des prières et des austérités continuelles, et entreprit, en 382, le pèlerinage de Rome pour intéresser les apôtres en faveur de son pays. A son retour, il transporta à Maëstricht les ossements sacrés de ses prédécesseurs , afin de les soustraire à la profanation des barbares. Il mourut en 384. (( Son tombeau était remarquable, )) rapporte Grégoire de Tours, ce en ce que la neige, avec quelque abondance qu’elle tombât, n’osait le toucher. »
SAINT PACOME
SAINT PACOME.
Saint Antoine avait réuni les solitaires dans une vie commune ; saint Pacôme leur donna une règle. Né de parents idolâtres, vers 292, dans la Thébaïde, il fit partie du corps de troupes que Maximin leva, en 312,
Fig. 88. — Monastère en mines, près d’Assouau (Thébaïde).
pour se préparer à la guerre contre Constantin. La sollicitude témoignée par les chrétiens aux nouvelles recrues le toucha fortement : à la fin de la campagne, il quitta le costume militaire et demanda le baptême. Puis il alla se mettre sous la conduite de saint Palémon, vieil anachorète qui éprouva sa vocation par les plus rudes pénitences. A la suite dune vision, il s’enfonça plus avant dans le désert, en compagnie de son maître ; un peu au-dessous de la première cataracte , à Tabenne , sur le Nil, il s’arrêta pour bâtir une cellule, qui fut le noyau du premier
monastère. De longues années se passèrent, qu’il employa à pratiquer des austérités incroyables , comme de dormir debout appuyé contre un mur, après des journées du labeur le plus fatigant. Chaque soir, il apostrophait, au nom de l’âme, tous les membres de son corps l’un après l’autre : « Avant que la mort nous divise, » disait-il, « et que cette séparation , imposée par le péché du premier homme , soit consommée, combattons, persévérons, luttons virilement, servons le Seigneur sans indolence ni paresse, jusqu’à ce que le jour arrive où il essuiera nos sueurs terrestres et nous conduira au royaume immortel. »
Quand il se crut suffisamment préparé, Pacôme mit la main à la réelle fondation du monastère qu’il avait projeté, se faisant à la fois maçon, charpentier, cureur de puits. Bientôt le grand nombre de ses disciples l’obligea d’en élever neuf autres autour du premier, outre un dixième qu’il construisit pour sa sœur, de l’autre côté du Nil. Un monastère, sous la conduite d’un abbé, était divisé en plusieurs cellules, contenant chacune trois religieux. Tous ensemble étaient unis par un lien étroit et soumis au même supérieur général. La règle y faisait de la lecture des psaumes et de la Bible une obligation stricte. Des conférences ( catéchèses ) avaient lieu trois fois par semaine; on préparait les catéchumènes, on soignait les malades, on donnait l’hospitalité aux étrangers. Suivant l’expression de saint Epiphane, chaque cellule ressemblait à une ruche d’abeilles. Le temps se partageait entre l’oraison et le travail : la plupart des moines labouraient ou fabriquaient des nattes; d’autres exerçaient divers métiers, et chez tous le labeur était doublé de mortifications continuelles.
Lorsque Athanase remonta le Nil pour visiter les nombreuses communautés de la Thébaïde , véritable boulevard de la foi catholique (333), il y avait déjà à Tabenne plusieurs milliers de religieux, et ce fut avec cette armée, où il avait, par humilité , dissimulé sa présence, que Pacôme alla au-devant du grand évêque. En 348, il assista au concile de Latopolis. Les grâces extraordinaires qu’il avait reçues de Dieu lui attirèrent des ennemis, dont il n’eut pas de peine à réfuter les accusations. L’auteur de sa vie rapporte qu’il parlait, sans les avoir appris, le latin et le grec , qu’il guérissait avec l’huile bénite les malades et les énergu-
14 mai. — SAINT PASCAL.
mènes, et qu’il jouissait du don de prophétie. Il mourut de la peste le
SAINT PASCAL
Abbé du monastère bénédictin de Saint-Etienne, à Rome, Pascal fut élu pape, bien malgré lui, le 25 janvier 817, comme successeur d’Etienne Y. Il gouverna l’Église avec beaucoup de sagesse. Léon T Armé-
Fig. 89. — Mosaïque de saint Pascal, dans l’abside de l’église de Sainte-Cécile, à Home.
nien, empereur d’Orient, ayant chassé le patriarche Nicéphore de Constantinople, Pascal refusa de reconnaître l’intrus nommé à sa place et donna asile aux Grecs persécutés. Il envoya des sommes considérables en Afrique pour racheter les chrétiens retenus en esclavage chez les musulmans, et autorisa lahnission de l’évêque Ebbon, qui se proposait de convertir les Danois. En 823, le jour de Pâques, il couronna Lothaire empereur et mourut le 14 mai de l’année suivante. Rome lui dut plusieurs établissements utiles, des églises, des hôpitaux, des couvents, qu’il dota généreusement.