SAINT ÉRIC
chanceté, de les faire initier aux mystères de Diane. Tous les ans, on avait coutume de conduire en procession les images de la déesse jusqu’à un étang voisin de la ville et de les y purifier dans l’eau. Claudie et ses compagnes devaient être soumises, en qualité de futures prêtresses, à la même cérémonie. Quand on leur présenta la couronne et la tunique, emblèmes du sacerdoce païen, elles les repoussèrent avec indignation. La foule s’ameuta, et Théotecne commanda de leur attacher de grosses pierres au col et de les précipiter toutes dans l’eau.
Un honnête cabaretier d’Ancyre, nommé Thêodote, qui avait été formé par l’une des victimes aux vertus chrétiennes, mérita la gloire du martyre en donnant la sépulture aux sept vierges. Il parvint, avec l’assistance des fidèles, à enlever leurs corps pendant la nuit, quoiqu’ils fussent bien gardés, et les inhuma près de l’église des Patriarches ; mais, le lendemain, un des hommes qui l’avaient aidé, ayant été arrêté, trahit le secret, et révéla où étaient les corps ; les païens les déterrèrent et les réduisirent en cendres. Quant à Thêodote, apprenant qu’on maltraitait ses frères à cause de lui, il se livra volontairement, et périt au milieu d’affreuses tortures.
Fig. 93. — Statue de Diane. D’après une sculpture de l’arc de triomphe de Trajan, à Rome.