‹ La Vie des saintsChapitre 190 sur 536 · SAINT DUNSTAN · texte numérisé non relu

SAINT DUNSTAN

Dunstan naquit vers 924 à Glastonbury (comté de Wessex), d’une famille noble et pieuse, qui le destina au sacerdoce. Sitôt qu’il eut reçu les ordres, son oncle Adhelme, archevêque de Cantorbéry, le présenta

au roi Athelstane, qui le retint auprès de lui. Mais des envieux ayant indisposé le prince à son égard, il se retira à Glastonbury. Chargé de desservir l’église, il s’y arrangea une cellule si étroite qu’elle ressemblait à un sépulcre. A la mort d’ Athelstane, son fils Edmond rappela Dunstan à la cour : il devint le conseiller intime du roi et, sauf une courte disgrâce, conserva ses fonctions jusqu’à l’avènement de son successeur Edwy. Nommé par lui à la fois évêque de Londres et archevêque de Cantorbéry, il n’occupa ce dernier siège qu’à la mort d’Odon, en 9G1.

Il devait encore voir trois rois se succéder sur le trône d’Angleterre, entre autres Edouard, son élève favori. C’est à Dunstan que celui-ci dut la couronne, à l’énergie du saint qui força le peuple à observer le droit héréditaire. Quelques années plus tard, le jeune roi était mis à mort par Ethelred, et, cette fois, Dunstan avait été impuissant à empêcher le crime. Il annonça au peuple qu’une invasion couvrirait l’Angleterre de ruines et de carnage; on n’eut que trop l’occasion de se souvenir de cette prophétie lorsque Suénon , roi des Danois, envahit le pays. Le reste de sa vie, marqué par un voyage à Rome, où le pape le reçut avec de grands honneurs, fut consacré à ses devoirs épiscopaux.

D’un caractère très ferme, et fort de la morale qu’il représentait, Dunstan eut une heureuse influence sur les moeurs brutales des seigneurs anglais. Quand il s’agissait des droits de Dieu, il ne cédait à personne, pas même au roi. Sa sévérité s’exerça encore sur la discipline monastique. Lorsqu’il eut fait reconstruire l’abbaye de Glastonbury, dont il fut le dix-neuvième abbé, il réunit en une sorte de code les anciennes règles religieuses, ouvrage qui nous a été conservé. Outre la théologie, Dunstan avait étudié les belles-lettres, la peinture, la musique, l’art du forgeron, qu’il poussa fort loin pour son temps. Trois jours avant de mourir, il voulut parler aux fidèles, se recommanda à leurs prières et annonça sa fin prochaine, qui eut lieu le 19 mai 988. Il opéra, aussi bien après sa mort que pendant sa vie, d’insignes et nombreux miracles.

Page 1