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SAINT YVES

Dans la paroisse de Minihi, près de Tréguier, en basse Bretagne, naquit, le 17 octobre 1253, Yves, fils d’Helori de Kermartin, écuyer.

Fig. 95. — Ancienne chapelle de Saint-Yves, élevée à Paris , au XIVe siècle, par des Bretons.

Son père l’envoya à Paris, où il demeura jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans, étudiant les arts libéraux, la logique et le droit canon. De là, il passa

à Orléans, où l’on enseignait alors plus particulièrement les lois civiles sous la direction de Pierre de la Chapelle, depuis cardinal. Ses grades conquis, Yves se retira dans son pays natal, où il devint official de l’évêque de Tréguier. Dans ces fonctions de juge ecclésiastique, la bonté de son cœur le fit surtout l’avocat des pauvres et misérables personnes. Il prenait grand’peine et sollicitude à pacifier les parties et à les mettre d’accord, se chargeant des causes de ceux qui n’avaient pas les moyens de suivre leur bon droit, conduisant leurs procès jusqu’à la fin, leur abandonnant tous ses frais et avances. Il poursuivait, à ses dépens, les appels des sentences données contre ses pauvres clients, jusqu’à Rennes, à Tours, à Lyon ou à Paris, si bien qu’il en venait à bout, car il avait toujours Dieu avec lui. Yves ne se chargeait jamais d’une cause qu’elle ne fût conforme à l’équité, et il cherchait avant tout à accorder les parties pour éviter les procès. Il avait coutume de dire : « La loi et le juge doivent conspirer entre eux, en sorte que la loi soit quasi l’âme du juge, et le juge quasi la voix de la loi. )) Le roi lui faisait une pension de six deniers par jour, somme alors considérable; mais cette récompense, due à ses travaux, il l’employait au soulagement des malheureux et vivait lui-même dans les privations. Nommé curé de Tredrès, puis de Lovaimec, il se montra dans ces deux paroisses le père et le modèle de son troupeau, qu’il portait au bien par ses exemples autant que par ses instructions.

Il mourut le 19 mai 1303, au château de Kermartin. On l’enterra dans la cathédrale de Tréguier, et il fut canonisé en 1347. Autrefois, en Bretagne, à Paris et dans la plupart des villes de France, les gens de loi chômaient la fête de saint Yves, avocat des pauvres.

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