MAI. — SAINT GUIBERT
ces derniers se trouvait Julie, jeune et belle chrétienne, qui fut vendue à. un marchand syrien du nom d’Eusèbe. Elle accepta son sort avec résignation, consacrant à la prière et à la lecture les moments dont elle pouvait disposer, et pratiquant même des austérités rigoureuses. Son maître, la voyant si douce et si attentive à ses devoirs, en avait compassion et la traitait humainement.
Les besoins de son commerce l’ayant appelé en Gaule, il emmena Julie, et s’arrêta dans l’île de Corse, où il prit part à une fête que les insulaires célébraient sur le rivage en rhonneur de leurs dieux protecteurs. Quant à Julie, elle laissa éclater son indignation et se retira à bord du vaisseau. Le gouverneur romain était présent : la beauté de la jeune fille fit sur lui une telle impression, qu’il demanda à l’acheter, et offrit en échange quatre de ses meilleures esclaves. Comme Eusèbe ne voulut s’en défaire à aucun prix, il l’invita au festin qui se préparait et donna ordre qu’on le fît boire outre mesure. Alors, envoyant chercher Julie, il lui promit de la rendre riche et libre si elle consentait à renier sa foi. Flatteries et menaces, tout fut inutile. Furieux de rencontrer chez une femme tant de résistance, le barbare la livra aux bourreaux : on la frappa au visage, on lui arracha les cheveux, on la fouetta jusqu’au sang, enfin on l’attacha au gibet, sur lequel elle expira (440). Au huitième siècle, Didier, roi des Lombards, fit transférer ses restes dans une église de Brescia.