SAINT GUIBERT
Au dixième siècle, il y eut dans l’Occident une restauration de l’ordre monastique, atteint si cruellement par les incursions des Sarrasins, des Danois et des Normands. Des hommes généreux sortirent des rangs de l’aristocratie pour se rapprocher de Dieu dans la solitude et concourir à ce mouvement de renaissance générale. Tel fut un des plus nobles chevaliers du Brabant, Guibert, comte de Gembloux. Après
YIE DES SAINTS.
avoir eu part à toutes les guerres de son temps, il donna, en 936, son domaine, situé à trois lieues de Namur, pour y bâtir un grand monastère sous la règle de saint Benoît. Ensuite , il se retira dans l’abbaye de Gorze, où « le vétéran militaire », suivant les expressions de son biographe, « se fit l’apprenti du Christ, et le vieux serf du monde, racheté par la liberté divine, devint l’affranchi de Dieu ». Accusé près du roi de Germanie, Othon, d’avoir aliéné un fief qui relevait de sa couronne, Guibert se justifia de telle façon, qu’il obtint du prince des lettres patentes confirmant, avec de beaux privilèges, la fondation de Gembloux (948). Quelques années plus tard, il quitta encore sa retraite pour aider les moines à repousser l’invasion des Hongrois (954), qui s’étaient avancés jusqu’en Lorraine. 11 mourut le 23 mai 962, à Gorze, et fut canonisé en 1099.