MAI. — SAINT URBAIN
tions ; et le cadet , cherchant à le calmer : « Rassure-toi , » lui disaitil; « le baptême du sang vaut celui de l’eau pour la vie éternelle. » Lorsqu’ils comparurent devant le préfet, ils montrèrent une égale résolution, et plutôt que de sacrifier aux idoles, ils ne reculèrent pas devant l’horreur des supplices. Epuisés , ayant à peine un souffle de vie, on les traîna hors la ville, et ils eurent la tête tranchée (24 mai 290). Les Nantais les ont toujours honorés comme leurs patrons.
SAINT VINCENT DE LERINS
Il était Gaulois de nation et, à ce qu’on présume, originaire de Toul, en Lorraine. Il suivit d’abord la carrière des armes et occupa des emplois distingués, puis il alla prendre l’habit monastique à Lerins. « Ballotté longtemps sur la mer du monde, » dit-il lui-même, (( je me suis enfin caché au port de la religion; là, déposant toute pensée d’orgueil et de vanité, je m’efforce d’éviter non seulement les naufrages de la vie présente, mais encore les feux du siècle futur. » Ajoutons qu’il fut élevé au sacerdoce et chargé par saint Eucher de l’éducation de Salone et Veran, ses deux fils. La grande gloire de ce modeste religieux repose, outre la sainteté de ses mœurs, sur l’ouvrage qu’il composa, en 434, contre les hérésies ; tous les siècles chrétiens lui ont accordé un juste tribut d’éloges. C’est là qu’il a exposé avec une précision admirable, et dans un langage aussi simple que ferme et plein de force, la règle de la foi catholique, en s’appuyant sur la double autorité de l’Ecriture et de la tradition. Saint Vincent mourut vers 450.
SAINT URBAIN
Urbain , natif de Rome , était un des plus saints prêtres de cette église ; il avait joui de toute la confiance du pape Eleuthère et de ses succès-
seurs. Quand, en 22 3, il fut appelé remplacer saint Calliste, le nombre des fidèles, grâce à ses efforts et à une période de tranquillité, s’était de beaucoup augmenté, surtout dans les rangs de la noblesse. Ses relations avec la famille Cæcilia lui firent connaître la jeune patricienne, dont il encouragea les premiers pas dans les voies de la perfection ; il contribua à la conversion de son mari Valérien, et il leur rendit plus tard les derniers honneurs. Le préfet Almachius, leur bourreau, soup-
Fig. 98. — Eglise de Saint -Urbain, ancien temple païen, à Rome.
çonna Urbain d’avoir détourné les trésors que Cécile avait distribués aux pauvres. On le découvrit avec deux prêtres et trois diacres dans une grotte, où il se tenait caché. N’ayant pu lui arracher autre chose qu’une protestation d’innocence, le préfet ordonna de le conduire sur la voie Appienne, à un temple de Diane, et, s’il refusait d’y sacrifier, de lui trancher la tête. Ce fut là que saint Urbain souffrit le martyre (230), en même temps que ses compagnons. Au neuvième siècle, le temple fut transformé en une église, placée sous son invocation, et au treizième on le décora de peintures relatives à sainte Cécile.
Saint Urbain eut saint Pontien pour successeur.