SAINTE MARIE-MADELEINE DE PAZZI
Catherine de Pazzi, qui devait être canonisée sous son nom de carmélite, Marie-Madeleine, naquit à Florence, le 2 avril 1566. Elle lit vœu de virginité àl’âge de douze ans, se livra à toutes sortes de mortifications, couchant dans un sac de paille, se donnant la discipline plusieurs fois par jour, allant jusqu’à dormir avec une couronne d’épines sur la tête. Elle n’avait que seize ans lorsqu’elle entra au Carmel, où elle donna l’exemple de la plus rigide austérité. Sa nourriture quotidienne était du pain et de 1’ eau ; elle ne se permettait d’autres aliments que le dimanche et les jours de fête. Cette sainte fut fréquemment favorisée d’extases et de ravissements qui, loin d’affaiblir son corps, lui donnaient de nouvelles lorces, et même ne l’empêchaient point de vaquer à ses occupations. Elle vivait d’amour divin. Etant malade à l’extrémité, elle se leva de son lit et, courant à l’autel de l’infirmerie, elle embrassa un crucifix en
VIF. DES BAIN TS. — II
criant de toutes ses forces : <( O amour ! ô amour ! personne ne vous connaît, personne ne vous aime! » Un jour qu’elle entendait rappeler cette dernière scène de la Passion on il est dit que Jésus, après avoir prononcé ces paroles : « Tout est consommé! » pencha la tête et expira, elle tomba toute raide, sans donner plus aucun signe de vie.
Souvent elle eut des visions et des révélations de l’avenir. C’est ainsi qu’elle annonça à Léon XI son élévation au pontificat, en même temps que la brièveté de son règne. Sa joie était d’obéir à Dieu : « Ne sentezvous pas, disait-elle, combien c’est une chose douce de nommer la volonté de Dieu? )) Son horreur du péché mortel était si grande, qu’elle ne pouvait entendre ce mot sans trembler de frayeur. Peu de temps avant sa mort, elle disait : (( Je quitte le monde sans comprendre comment la créature peut se résoudre à commettre un péché contre son Créateur. )) Sentant approcher sa dernière heure, elle réunit les religieuses autour de son lit, et leur fit cette suprême recommandation : « Me voici sur le point de vous quitter jusqu’à l’éternité; je vous prie d’une chose au nom de Notre-Seigneur, et c’est la dernière grâce que je vous demanderai : Que vous n’aimiez rien que lui, que vous mettiez toute votre espérance en lui, que vous vous embrasiez continuellement du désir de souffrir pour son amour. » Ayant parlé ainsi, elle expira (25 mai 1G07). Clément IX la canonisa en 1669.