‹ La Vie des saintsChapitre 202 sur 536 · MAI. — SAINTE MARIE-MADELEINE DE PAZZ · texte numérisé non relu

MAI. — SAINTE MARIE-MADELEINE DE PAZZ

établis dans la Fouille, avaient accepté la suzeraineté du saint-siège. Après une résistance de deux années, Grégoire, forcé de se réfugier dans le château Saint-Ange, appela les Normands à son aide ; ils emportèrent la ville d’assaut. Du haut de la forteresse, il fut témoin d’effroyables scènes de meurtre, de pillage et d’incendie, et, comme l’armée impériale rentra presque aussitôt dans Rome aux applaudissements du peuple, il suivit ses farouches libérateurs. Il se retira au Mont-Cassin, et de là, à Salerne, où il mourut le 25 mai 1085. Affligé de voir plusieurs amis lui faire défaut et décliner une cause en laquelle il n’avait jamais cessé d’avoir foi, ses dernières paroles furent : « J’ai aimé la justice et haï l’iniquité, voilà pourquoi je meurs en exil. » Paroles véridiques, car, s’il agita le monde un instant, il raffermit sa croyance et sa moralité. Il avait de l’érudition dans les lettres profanes et sacrées, des mœurs irréprochables, un cœur droit, une intelligence qui concevait avec maturité, et une fermeté prudente dans l’exécution.

Ce fut le génie le plus vaste et l’âme la plus héroïque du moyen âge. Il fut canonisé en 1729 par Benoît XIII.

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