‹ La Vie des saintsChapitre 213 sur 536 · SAINTE ANGÈLE DE MERICI · texte numérisé non relu

SAINTE ANGÈLE DE MERICI

Cette sainte est un exemple des irrésistibles vocations. Dès l’âge de dix ans, elle consacre à Dieu sa virginité ; elle se livre à toutes les pratiques de l’ascétisme, se relevant la nuit pour prier, s’enfermant dans sa chambre pour élever son jeune cœur vers celui de l’époux qu’elle

s’était choisi. C’est qu’elle avait lu et compris ce que dit l'Imitation : « Entrez dans votre cellule, fermez-la; que nul ne vous y trouble, et vous trouverez Jésus. »

Ayant perdu toute sa famille, ses parents, une sœur bien-aimée, un oncle qui l’avait recueillie, Angèle se consacra sans retour à Dieu. A Desenzano, dans les Etats vénitiens, son village natal, elle communique à quelques compagnes son projet de s’occuper de l’éducation des petites filles. Quatre d’entre elles lui offrent leur concours, et elles ouvrent une école. C’était vers 1495 ; Angèle avait vingt et un ans. Bientôt on la trouve à Brescia, où elle poursuit son œuvre ; puis à Mantoue, où la vénérable Hosanna d’Andréasie, de l’ordre de Saint-Dominique, unit ses efforts aux siens. Les deux saintes femmes se vouèrent une éternelle amitié. Mais Angèle sent une force qui l’entraîne : Jésus l’appelle aux lieux de sa Passion, elle y vole. Comme le vaisseau qu’elle montait approchait de Candie, soudain elle pousse un cri en portant' la main à ses yeux : elle était aveugle. Sans se décourager, elle poursuit son voyage, et ce fut dans la nuit la plus profonde qu’elle parcourut Jérusalem, le jardin des Oliviers, le Calvaire. A son retour, pendant que le vaisseau relâchait encore à Candie, les pèlerins allèrent vénérer dans une église de la ville une image miraculeuse de Jésus crucifié ; Angèle les accompagne, elle tombe à genoux, prie avec ferveur et, quand elle se relève, la vue lui est rendue.

De retour, elle reprend son œuvre, visite les écoles déjà organisées, et s’arrête à Brescia. C’est là qu’elle fonda définitivement, le 25 novembre 1535, l’ordre des Ursulines. Elle prit pour patronne sainte Ursule, après une vision où la martyre lui était apparue rayonnante de gloire. L’ordre nouveau, voué particulièrement à l’éducation de la jeunesse, comptait, peu de temps après, cent soixante religieuses. Sous le pape Paul V, les Ursulines furent cloîtrées et autorisées à faire des vœux perpétuels; c’est le seul changement qu’a subi leur règle.

Angèle mourut dans la nuit du 27 au 28 janvier 1540, acclamée partout du nom de bienheureuse, invoquée déjà comme une sainte. Elle fut canonisée en 1807.

31 mai. — SAINTE PETRONILLE.

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