SAINT PAMPHILE
amphile, de Béryte, en Phénicie, né vers 250, étudia dans la célèbre école d’Alexandrie, sous Pierius, savant théologien, disciple d’Origène ; ce qui explique l’estime particulière qu’il professa toujours pour l’auteur de l’ Apologie clu christianisme. Retiré de bonne heure à Césarée où il reçut les ordres, Pamphile sut allier à la piété la plus profonde l’amour désintéressé des lettres. Il rassembla une bibliothèque de près de trente mille ouvrages, dans laquelle se trouvait la collection d’auteurs ecclésiastiques la plus complète que l’on eut encore réunie, entre autres tous les écrits d’Origène, quelques-uns copiés de sa propre main. Ce fut dans cette bibliothèque qu’Eusèbe de Césarée, son ami, puisa la plupart des éléments de X Histoire ecclésiastique, qui est
parvenue jusqu’à nous. Un des travaux favoris de Pamphile fut la correction du texte de la Bible : il l’entreprit et le mena à bonne fin avec l’aide d’Eusèbe, qui n’était pas encore devenu suspect par son attachement aux doctrines d’Arius.
Pamphile donnait des leçons publiques dans la ville de Césarée lorsqu’éclata la persécution de Maximin Daïa. Urbain, le gouverneur, ordonna de lui amener le saint docteur, et, sachant quelle bonne recrue il ferait pour le paganisme, essaya tout d’abord de le faire apostasier. S’étant aperçu de l’inutilité de ses efforts, il le livra au bourreau, qui lui fit subir mille tortures. Cependant un changement de gouverneur différa la mort de Pamphile ; on l’oublia près de deux ans dans sa prison, et il put y composer avec Eusèbe, qui venait le visiter, cinq livres de Y Apologie cl' Origene, ouvrage qu’Eusèbe compléta plus tard.
L’heure du martyre arriva pour notre saint le 1er juin 309; il fut mis à mort en même temps que deux autres chrétiens, Paul et le vieillard Valens.