SAINTE CLOTILDE
Lorsqu’en 480 Gondebaud, roi des Bourguignons, fit assassiner son frère Chilpéric avec sa femme et ses enfants, il épargna deux filles : l’une fut enfermée dans un monastère ; l’autre, Clotilde, qu’il garda près de lui, devait avoir de grandes destinées. Demeurée catholique dans un milieu arien, Clotilde n’en faisait pas moins l’admiration de tous autant pour ses vertus que pour sa beauté, et la réputation de la jeune princesse alla si loin, que Clovis, chef des Francs, envoya demander sa main. Gondebaud, qui avait intérêt à le ménager, donna son consentement (493); Clotilde exigea seulement qu’elle aurait le droit de professer sa religion, et elle partit avec’le secret espoir de la faire un jour partager à son mari.
11 fut fait selon ses désirs. Clovis, dont l’attachement aux dieux de la Germanie était une habitude plutôt qu’une croyance, la laissa entiè-
Fig. 109. — Clovis, à la bataille de Tolbiac, invoque le dieu de Clotilde. D’après la peinture à fresque de J. Blanc, dans l’église de Sainte-Geneviève, à Paris. XIX' siècle.
renient libre de se livrer à ses devoirs religieux, mais il fermait l’oreille aux exhortations de Clotilde, qui cherchait à mettre en pratique le précepte de saint Paul : ce Que la femme fidèle sanctifie le mari infidèle. » Pourtant il permit qu’on baptisât son premier-né, qui mourut peu après.