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SAINT OPTAT

Né d’une simple question de discipline intérieure, le donatisme devint, sous l’influence du second Donat, évêque de Carthage, une véritable hérésie. Les donatistes en étaient arrivés à mépriser les catholiques au point de tenirpour nul le baptême qu’ils avaient conféré et pour souillés leurs demeures et les ustensiles qu’ils avaient touchés, se proclamant les seuls disciples de Jésus-Christ. Donat professait même sur la sainte Trinité et sur les sacrements des opinions en désaccord avec la tradition chrétienne.

Dans ce péril de l’Eglise, un homme se leva qui devait confondre les dangereux novateurs. Né vers 315, en Afrique, Optât devint évêque de Milève (aujourd’hui Milali, en Algérie). Sa vie nous est à peu près inconnue ; elle paraît, d’ailleurs, avoir été complètement absorbée par la guerre sans merci qu’il livra aux donatistes, par la rédaction des écrits destinés à combattre l’erreur. Saint Augustin a dit de lui ce qui a été répété d’un certain nombre de docteurs des premiers siècles, qu’il pourrait être une preuve de la vérité de l’Eglise, si l’on se servait, pour la démontrer, de la vertu de ses ministres. D’après un autre passage du Traité de la doctrine chrétienne , on peut conjecturer qu’Optat avait fréquenté les plus célèbres écoles de Carthage et d’Alexandrie ; mais la philosophie ne le contenta pas longtemps, et il embrassa le christianisme.

Les six premiers livres de son ouvrage sur le Schisme des donatistes furent composés entre 368 et 384. Donat et après lui Parménien, son successeur à Carthage, répondirent ; Optât répliqua, mais cette controverse n’aboutit qu’à exciter davantage la secte à la résistance. Le concile de 410 ne fut pas plus heureux ; il fallut la force pour en débarrasser l’Église.

Optât n’en a pas moins eu la gloire d’avoir combattu les donatistes avec des arguments qui les auraient convaincus si leurs esprits avaient été accessibles à la logique et à la bonne foi. Il mourut à une date incertaine, mais toutefois anrès l’année 386, laissant la mémoire d’un grand apologiste.

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