‹ La Vie des saintsChapitre 234 sur 536 · REINE D’ÉCOSSE · texte numérisé non relu

REINE D’ÉCOSSE

Chassés d’Angleterre par Canut, roi de Danemark, qui avait conquis la moitié du pays, Edmond et Édouard, fils du roi Edmond II, allèrent

chercher asile en Hongrie. Là Edmond mourut, et Édouard épousa, vers 1045, Agathe, fille de l’empereur Conrad IL De ce mariage naquirent trois enfants, Marguerite, Edgar et Christine, qui purent regagner plus tard l’Angleterre. L’invasion de Guillaume le Conquérant obligea Marguerite à prendre la fuite. Elle se réfugia en Ecosse, où le roi Malcolm III l’accueillit fort bien et en fit presque aussitôt sa femme (1070).’

Par une conduite pleine de condescendance et de respect, Marguerite put se rendre maîtresse du cœur de son époux, et elle n’usa de son ascendant que pour le bien de la religion et de l’Etat. On admirait les grandes qualités qu’elle déployait dans l’exercice du pouvoir. Aussi, grâce à elle, le règne de Malcolm est-il regardé par tous les historiens comme un des plus heureux et des plus brillants de la monarchie écossaise. Elle s’appliqua à procurer au peuple de bons ministres et des prédicateurs zélés pour dissiper l’ignorance et corriger les mœurs trop grossières ; elle vint à bout d’empêcher la violation du dimanche, et bannit avec un égal succès la simonie, l’usure, les mariages illicites, le blasphème etplusieurs autres scandales. La protection éclairée qu’elle accorda aux sciences et aux arts contribua puissamment au progrès de la civilisation. Elle fonda non seulement des monastères, des églises et deux nouveaux évêchés, mais des établissements d’utilité publique, dont Malcolm assura la stabilité par des ordonnances fort sages. Sa charité était inépuisable : n’ayant que des revenus bornés, elle donnait souvent une partie de ce qui devait subvenir à ses propres besoins. Paraissait-elle en public, des veuves, des orphelins, des misérables de toute espèce l’entouraient en foule; ils accouraient à elle comme à une mère, et elle n’en renvoyait aucun sans l’avoir assisté ou consolé.

Tendrement attachée à son mari, la bonne reine ne survécut pas à sa perte. En apprenant qu’il avait été tué au siège d’un château anglais, elle se contenta de répondre : « Que la volonté de Dieu soit faite ! » et mourut peu de jours après, le 16 novembre 1093, à Dunfermline. Elle fut canonisée en 1251, et sa fête fixée au 10 juin.

11 juin. — SAINT BARNABE.

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