SAINT BARNABE
Barnabe, l’un des soixante-douze disciples de Jésus, naquit dans l’île -de Chypre, d’une famille de la tribu de Lévi. Son véritable nom était Joseph; à la naissance de l’Église, il fut appelé Barnabe (fils de consolation ou fils de prophète), afin de marquer qu’il possédait l’art de consoler les affligés en même temps que le don de prophétie. A l’exemple
Fig. 116. — Jésus-Christ assis au milieu de ses disciples. D’après une peinture à fresque des Catacombes.
des premiers fidèles, qui s’étaient réunis pour vivre en commun, il vendit son héritage et en apporta le prix aux apôtres. Il fréquentait à Jérusalem la célèbre école de Gamaliel, et y avait connu saint Paul ; lorsque ce fougueux ennemi du Christ eut embrassé la vraie foi, Barnabé le présenta à saint Pierre, qui lui donna l’hospitalité dans sa maison. Chargé en 43 d’aller à Antioche pour y confirmer les néophytes, il associa Paul à cette mission ; grâce à leurs efforts, la nouvelle église fit de grands progrès, et ce fut elle qui inaugura le nom de chrétien. A
leur retour, ils reçurent l’imposition des mains et furent reconnus « apôtres des gentils )>.
Après une visite à file de Chypre, Paul et Barnabe entreprirent à pied et, en dépit de mille fatigues, leur voyage en Asie (45-50). De Perge, où l’accueil fut favorable, ils remontèrent vers le nord, à travers la Pamphylie et la Pisidie ; mais plus ils s’éloignaient de la côte, plus ils rencontraient d’obstacles. Plusieurs Juifs étaient pleins de défiance à leur égard ; à Lystres, en Lycaonie, ils chassèrent à coups de pierres ces étrangers qu’ils traitaient de faux frères.
En revanche, ils arrachèrent, sur leur passage, un grand nombre de païens à l’idolâtrie. Lorsque s’éleva, en 51, la fameuse dispute sur l’observation des rites mosaïques, Barnabé soutint la cause des gentils et leur droit d’en être exemptés. S’il ne put s’entendre avec saint Paul pour l’accompagner dans son second voyage, il conserva avec lui des relations fraternelles, et partit, en 58, à sa prière, pout Corinthe, où il rétablit l’harmonie parmi les fidèles. L’Écriture ne nous apprend rien de plus à son sujet. D’après une relation du sixième siècle, il serait retourné en Chypre et aurait souffert le martyre à Salamine, après avoir converti une grande partie des habitants de l’île. L’église de Milan le réclame pour son premier évêque.
Il existe en grec une Epître qui porte le nom de Barnabé; mais comme elle est, quoique fort estimée, d’une authenticité douteuse, l’Eglise ne l’a jamais reçue dans le canon des saintes Ecritures.
SAINTE MACRE.
En 288, le sanguinaire Rictius Varus, préfet des Gaules, venait d’appliquer à Beauvais et à Reims les décrets de persécution. A Fismes, on lui signala une chrétienne, nommée Macre, qui troublait tout le pays par ses prédications. Jeune encore et non mariée, elle habitait, au confluent de la Nore et de la Vesle, une petite île, où elle donnait asile à ses frères en voyage. On l’amena comme une criminelle devant le préfet. Celui-ci, en montrant du geste un temple dédié à Jupiter,
12 JUIN. — SAINT ONUPIIRE.
lui dit d’un ton ironique : « Voilà le Capitole, femme; regarde de ce côté et brûle de l’encens en l’honneur des dieux. — Mon Capitole à moi, )) répondit Macre, <( c’est le Christ ; je ne regarde que lui ; et c’est à lui que je sacrifie dans le secret de mon cœur. » Pour en finir, il lui offrit de l’argent. (( Tu ne sais donc pas, )) reprit-elle, « ce qui est arrivé à Simon le Magicien qui voulait acheter le Saint-Esprit ? Que ton argent périsse avec toi! » Un grand feu fut allumé dans l’île ; mais Macre n’en subit aucune atteinte. Pressé de continuer sa route, Varus l’envoya en prison, et deux mois plus tard elle y achevait son martyre dans les supplices. On garde ses reliques à Fismes, dont elle est la patronne.