‹ La Vie des saintsChapitre 238 sur 536 · SAINT ANTOINE DE PADOUE · texte numérisé non relu

SAINT ANTOINE DE PADOUE

tances répétées de ses compagnons, il prit la parole. S’animant par degrés, il improvisa un sermon si admirable, que ses supérieurs, le tirant de l’obscurité où il se dérobait, lui ordonnèrent de s’appliquer à la prédication (1222). Antoine étudia la théologie sous la direction du savant abbé de Vercelles et y devint rapidement fort habile. En même

Fig. 117. — Église de Saint-Antoine , à Padoue. XIIIe siècle.

temps qu’il répandait la parole de Dieu, il professa les saintes lettres à Montpellier, à Toulouse, à Padoue, à Bologne. Il a prêché dans le Languedoc, le Limousin, le Berry, le Velay, la Sicile, la Romagne, à Rome, et surtout à Padoue. Il s’exprimait également bien en latin, en italien et en français. Comme son maître saint François, Antoine avait le don d’ubiquité : il apparut plusieurs fois en des lieux fort éloignés de celui où il était véritablement. Il montra souvent qu’il connaissait l’avenir, et pénétrait fort avant dans les consciences pour y découvrir les

fautes les plus cachées. Son courage égalait sa science et sa piété : c’est ainsi qu’au péril de sa vie il arrêta le grand carnage qu’Ezzelin faisait dans Vérone. S’étant approché de lui, il cria : (( Jusques à quand, cruel tyran et chien enragé, continueras-tu de verser le sang innocent? Ne sais-tu pas que la justice de Dieu est prête, que son épée est levée et que si tu ne fais pénitence, il va t’écraser? » Ezzelin, au lieu d’entrer en fureur, comme on s’y attendait, se jeta aux pieds du saint et lui demanda pardon.

Antoine consacra les dernières années de sa vie à introduire quelques réformes dans son ordre, nécessitées par le relâchement qu’y tolérait Elie, le successeur de François cl’ Assise. Il mit en ordre ses Sermons, donna la dernière main à ses divers écrits, et se retira, pour se préparer à la mort, au petit couvent appelé le Champ de Saint-Pierre, près de Padoue. Pris de maladie, on le ramenait à Padoue, lorsqu’il expira en route, le 13 juin 1231, âgé seulement de trente-six ans. Le pape Grégoire IX, qui l’avait connu à Rome, le canonisa l’année même de sa mort.

En 1256, la ville de Padoue fit bâtir en l’honneur de ce saint, qui est son patron, une superbe église en forme de croix , surmontée de sept coupoles, et où l’on conserve ses reliques.

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