‹ La Vie des saintsChapitre 240 sur 536 · JUIN. — SAINT BASILE · texte numérisé non relu

JUIN. — SAINT BASILE

aïeule, d’après les principes de Grégoire le Thaumaturge. Après avoir commencé ses études à Césarée, il se rendit aux écoles de Constantinople et d’Athènes; dans cette dernière ville, il se lia avec Grégoire de Nazianze d’une étroite amitié; « Dieu et l’amour de la science les avaient rapprochés )) pour la vie. Revenu dans son pays (355), il enseigna la rhétorique et plaida comme avocat. Les applaudissements du public l’exposèrent à une tentation de vaine gloire ; il s’en effraya et, résolu â renoncer entièrement au monde, il se délivra de la plus grande partie de ses biens, dont il fit d’abondantes aumônes, et partit pour visiter les principaux sanctuaires (357).

Après avoir, pendant deux ans, voyagé dans la Syrie et l’Egypte, il fixa sa retraite en un lieu solitaire du Pont, auprès du couvent fondé par sa mère et sa soeur, pour y mener une vie conforme à celle des moines de la Thébaïde ; Grégoire ne tarda pas à venir le rejoindre. Là, il suivait une règle de vie religieuse, qui s’est perpétuée de nos jours dans les monastères grecs. (( Sa petite communauté était pauvre, » dit Villemain, « mais la sobriété et le travail des mains suppléaient à tout. On bêchait, on arrosait la terre, on exploitait des bois, des carrières ; une part des journées était consacrée à l’étude des lettres chrétiennes, à l’instruction de quelques disciples venus de Grèce et d’Asie, à la prière et aux chants pieux. )) Une famine étant survenue en Cappadoce, Basile vola au secours de ses compatriotes ; en même temps qu’il signalait sa charité par d’éloquentes homélies en faveur des malheureux, il soutenait avec autant de vigueur que de sagesse la cause de la foi catholique contre l’empereur Valens et les évêques ariens qui dominaient à la cour. Il n’était encore que simple prêtre. Eusèbe de Césarée étant mort, tous les vœux appelaient Basile au gouvernement de cette métropole, une des plus considérables de l’Orient. Malgré les efforts de la faction hérétique, le défenseur de l’orthodoxie fut proclamé (365).

Il continua de vivre dans la pauvreté, se montrant inexorable sur le choix des ministres des autels. Ses soins ne se bornaient pas à son diocèse. S’il échoua dans la tentative qu’il fit pour pacifier l’Eglise d’Antioche, il réussit à convertir le clergé arien de la Macédoine, non sans

attirer sur lui l’injuste reproche de tiédeur. La trop grande confiance qu’il avait mise en l’évêque de Sébaste lui causa de nouvelles tribulations. Mais une persécution plus redoutable l’attendait : Valens, qui s’était déclaré le protecteur de l’arianisme, voulut l’obliger d’embrasser ses erreurs.

Le préfet Modeste eut l’ordre de mander Basile à son tribunal. Il le menaça des châtiments les plus sévères, parla de confiscation de biens, d’exil, de torture, de la mort même, si l’accusé ne se réunissait à la religion du prince. Basile, par la fermeté de ses réponses, remplit d’admiration le magistrat. (( Personne, )) finit-il par dire, (( ne m’a jamais tenu un pareil langage. — Apparemment, )) répondit Basile, « que tu n’as pas encore rencontré d’évêque. )) Modeste le congédia, et alla sur-le-champ retrouver l’empereur pour lui dire : « Nous sommes vaincus ; il est au-dessus des menaces, et l’on n’en obtiendra rien par les promesses. » Valens voulut en faire l’essai par lui-même. Il se rendit à l’église un jour de fête solennelle : en présence de la pompe du culte et des cérémonies, du recueillement d’un peuple immense, il demeura un instant glacé d’une sainte terreur et vint présenter son offrande, que Basile reçut comme celle des catholiques.

Un grand caractère de sagesse dirigea constamment la conduite de l’évêque de Césarée. Selon le témoignage général, il savait concilier tous les devoirs sans en exagérer ni affaiblir aucun. Ne négligeant aucune affaire, entretenant la correspondance la plus étendue, il prêchait assidûment, publiait de savants traités de morale ou de controverse, traçait les règles de la vie monastique et de la pénitence, bâtissait à Césarée une magnifique église; et tandis que lui-même n’avait qu’une seule tunique et se nourrissait de glands et de légumes grossiers, il élevait de vastes hôpitaux , où il servait de ses propres mains les malades et les lépreux. Dans ses ouvrages , dont le meilleur est celui où la Création est racontée et expliquée, le style est aussi pur que les pensées en sont élevées. Rollin le propose à la jeunesse comme un des meilleurs modèles de l’éloquence, et Fénelon l’a proclamé un grand maître pour le régime des âmes.

Saint Basile mourut à Césarée, le 1er janvier 379, et sa mémoire esf

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