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SAINT BERNARD DE MENTHON

Dans un château qui subsiste encore, situé près d’Annecy, en Savoie, au faîte d’une montagne escarpée, naquit Bernard, en 923. De famille noble et fils du seigneur de Menthon, il reçut une bonne éducation, qu’il alla terminer à Paris. Afin de suivre sa vocation qui l’entraînait vers la piété, il refusa un mariage avantageux qu’on lui proposait et s’ enfuit secrètement en Piémont. Arrivé dans la ville d’Aoste, il se plaça sous la conduite d’un vertueux prêtre nommé Pierre, lut admis au sacerdoce et devint archidiacre (9GG). Jusqu’à sa mort il s’adonna aux fonctions de l’apostolat, d’autant plus pénibles à exercer dans cette région agreste qu’il y avait peu ou point de chemins et d’habitations. Le Valais et la Tarentaise surtout lui coûtèrent bien des peines : les mœurs y étaient brutales et fort relâchées, les superstitions anciennes, encore vivaces, ainsi qu’en témoigne la destruction, opérée par notre saint, d’une fameuse idole de Jupiter. Touché des dangers auxquels les pèlerins étaient exposés en traversant une contrée déserte et hérissée de rochers, il fonda en 962, sur les ruines du temple païen, un cloître et un hospice, dits l’un et l’autre de Saint-Bernard, et en confia la direction à des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Il fut leur premier prévôt ou supérieur, et laissa une dotation perpétuelle, sous condition expresse qu’elle serait employée à recueillir, loger et héberger gratuitement les voyageurs qui traverseraient la montagne. Les religieux n’ont cessé de remplir dignement le vœu du fondateur en se sacrifiant, par un zèle sans exemple, au service de l’humanité.

Bernard mourut le 28 mai 1008, à Novare ; mais on célèbre sa fête au 15 juin. Il fut canonisé par Innocent XI en 1G81.

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