LES DEUX SAINTS AVIT
Le premier Avit était fils d’un laboureur de la Beauce et d’une Lorraine, venue de Verdun en mendiant son pain. Né vers 470 , il fut élevé par les religieux du couvent de Micy, près d’Orléans; quelques-uns, le voyant simple et docile, le croyaient stupide, mais l’abbé, saint Mesmin, pénétrant mieux les dispositions de son âme et admirant surtout sa grande charité pour les malheureux, lui permit d’avoir une cellule à
part, selon la coutume d’alors, afin de s’y avancer dans les voies de la perfection. Cette solitude n’étant pas assez complète au gré d’Avit, il se retira, non loin de là, au plus épais d’une forêt de la Sologne, et vécut, à l’exemple des solitaires d’Egypte, dans un dégagement si parfait de toutes choses et une si grande aspiration vers le ciel, qu’il n’était plus que de corps ici -bas. Après la mort de Mesmin, il fut élu abbé de Micy. Quand le roi Clodoinir entreprit de se débarrasser de son prisonnier Sigismond (523), Avit s’efforça de lui inspirer des sentiments de pitié. « Si tu renonces à ton projet, )) lui dit-il, « si tu fais grâce à tes captifs, Dieu sera avec toi ; sinon, toi et les tiens, vous subirez le même sort. )) Clodomir répliqua : « C’est un sot conseil que de dire à un homme de laisser son ennemi derrière lui. » Il fit égorger Sigismond, sa femme et ses enfants ; mais lui-même et les siens eurent un sort pareil et la prédiction du saint fut accomplie. Avit résigna bientôt sa charge et, en compagnie de Calais, alla reprendre sa vie ascétique dans un affreux désert du Perche, et si éloigné de toute habitation qu’il demeura longtemps inconnu. Quelques disciples vinrent se mettre sous sa conduite; un monastère s’éleva, puis un village, et ce fut là que le fondateur mourut, vers 530. On transporta ses restes à Orléans. Sa mémoire est honorée le 17 juin.
Un saint du même nom, contemporain de l’abbé de Micy , se rendit célèbre à la fois par ses vertus et par son érudition. Il s’appelait Alcimus Ecdicius Avitus, et avait pour père Hesychius, d’abord sénateur, puis archevêque de Vienne, et pour mère, une sœur de l’empereur Avitus. Après avoir fait de bonnes études à Vienne, sa ville natale, où il eut les encouragements de Sidoine Apollinaire, son cousin, il distribua ce qu’il possédait aux pauvres et s’enferma dans un monastère aux environs de Vienne. En 490, il succéda à son père sur le siège épiscopal. Bientôt il acquit dans le Midi une influence de plus en plus grandissante; ses écrits, ses rapports avec les évêques et les princes de son temps nous le montrent animé d’une piété profonde et d’un zèle ardent pour la paix et la religion. Le rachat des captifs, si nombreux à cette époque de guerres incessantes, le préoccupait au point d’y travailler plusieurs fois de ses deniers. En corrigeant les pécheurs, il préférait la miséricorde