‹ La Vie des saintsChapitre 247 sur 536 · JUIN. — LES DEUX SAINTS AVIT · texte numérisé non relu

JUIN. — LES DEUX SAINTS AVIT

à la justice. Très versé dans les lettres humaines et l’explication des saintes Ecritures, il joignait à une éloquence persuasive beaucoup de sagacité à résoudre les questions douteuses qu’on lui soumettait de toutes parts. Il adressa une belle épître à Clovis pour le féliciter d’avoir reçu le baptême. Il conquit l’estime de Gondebaud, roi des Burgondes, et contribua grandement à la conversion de son fils Sigismond, auquel il persuada d’expier le meurtre de Sigeric par une longue pénitence au monastère d’Agaune.

Ce fut principalement contre l’arianisme qu’Avit dirigea les forces de son intelligence ; il le fit avec éclat dans la conférence de Lyon (50G) et au synode d’Epaône (517).

Défenseur ardent du saint-siège, il blâma sévèrement, par une lettre pressante aux chefs du sénat, l’élection de l’antipape Laurent et vengea saint Symmaque des calomnies lancées contre lui. « Si l’on a des reproches à faire à un évêque, )) écrivait-il, « on peut examiner sa cause sans difficulté ; mais, quand on attaque celui de Rome, l’épiscopat tout entier chancelle. )> Il fut le confident et l’ami du pape Hormisdas, et se joignit à lui pour étouffer le schisme qui désolait l’E- Fi- 119- - statue de saint Avit, à

, . l’église de Notre-Dame de Corbeil.

glise grecque depuis la condamnation du patriarche Acace. Outre des homélies et des traités de controverse, A vit a laissé des poésies chrétiennes, car chez lui le vers ne fut qu’une forme heureuse mise au service de l’enseignement religieux. Son poème sur l’histoire de Moïse, dédié à son frère Apollinaire, évêque de Valence, renferme des beautés de premier ordre et a mérité, selon Guizot, (( l’honneur d’être comparé de près au Paradis perdu de Milton ».

Ce grand évêque mourut à Vienne, en 523, le 5 février, jour où sa mémoire est honorée.

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