SAINT PROSPER
Il est bien plus connu par ses ouvrages que par ses actions. On le croit né vers 403 et mort vers 470. Il était originaire d’Aquitaine, habita longtemps Marseille et fit deux fois le voyage de Rome. Quelquesuns l’ont supposé évêque ; mais comme le pape Gelase, Gennade, saint Fulgence et Cassiodore, en parlant de lui, ne lui donnent le titre ni de diacre, ni de prêtre, ni d’évêque, il est plus probable qu’il n’était que simple laïque. Suivant Photius, « ce fut au zèle de Prosper, à son savoir et à ses travaux infatigables qu’on dut l’entière extinction du pélagianisme ». 11 déféra au pape Célestin cette dernière hérésie, et prit, avec autant de force que de modestie, la défense de saint Augustin contre les adversaires de la grâce. Une des gloires du saint-siège, Léon le Grand, eut recours à sa plume pour combattre les erreurs d’Eutychès. Habile à répandre sur les matières les plus abstraites les richesses de l’imagination, sans s’écarter d’un raisonnement solide, il a laissé des poésies religieuses, remarquables par une facile élégance et par l’élévation des pensées ; des Lettres, dont plusieurs sont adressées à saint Augustin ; et une Chronique, qui commence à la création du monde et finit en 445.
Saint Prosper d’Aquitaine ne doit pas être confondu avec un évêque d’Orléans du même nom, son contemporain.
2G juin.
SAINT MAIXENT
Ses parents, nobles Gallo-Romains d’ Agde, le nommèrent au baptême Adjuteur. Placé tout jeune sous la direction de saint Sévère, il prit un tel goût aux leçons de son maître qu’il ne voulut plus retourner dans le monde et embrassa l’état monastique. Il devint bientôt le modèle
26 juin. — SAINT ANTHELME.
de la communauté ; le bruit de sa sainteté ne tarda pas à se répandre , et on lui décernait de tous côtés les plus grands éloges. Redoutant de succomber aux tentations d’une vaine gloire, il s’enfuit d’Agde â deux reprises différentes ; ce fut à la seconde que, pour dépister les recherches, il changea son nom en celui de Maxence, devenu Maixent dans la prononciation populaire. Dans un pays perdu, entre Niort et Poitiers, il avait rencontré quelques moines adonnés au travail et à l’oraison; il se réunit à eux et devint même leur supérieur. Un monastère s’éleva, autour duquel grandit peu à peu la ville de Saint-Maïxent ; mais celui qui l’avait fondé refusa d’y résider et continua ses mortifications dans une cellule écartée, ne consentant à se mêlera ses frères que pour les instruire et les conseiller. On rapporte qu’en 506, pendant la guerre de Clovis contre les Visigoths, le saint ermite arrêta par ses prières une troupe de ces barbares, qui détruisait tout sur son passage. Maixent mourut vers 515.
SAINT ANTHELME.
Fils de Hardouin de Migain, gentilhomme savoyard, riche, intelligent, il fut nommé, quelque temps après avoir reçu les ordres, sacristain de la cathédrale de Belley et prévôt du chapitre de Genève. Il menait une vie régulière, édifiante même, faisant la part des pauvres et celle de ses amis, lorsqu’il eut occasion de fréquenter les chartreux du monastère de Portes. Le prieur, Bernard de Varin, lui parla avec tant de chaleur des avantages de la vie solitaire, qu’Anthelme résolut de quitter le monde. Il prit l’habit de Saint-Bruno en 1148; il avait quarante-deux ans, étant né en 1106 au château de Chignin, près de Chambéry. A peine fut-il profès qu’on l’envoya à la Grande-Chartreuse, oii des vides nombreux s’étaient produits; peu de temps après, il en devenait prieur. Ce fut sous sa direction que l’ordre se répandit en France et à l’étranger avec tant de rapidité. Il fonda de nouvelles maisons, assembla le premier chapitre général et unit par des liens étroits toutes les communautés entre elles. De fait, il fut le premier général
des chartreux ; il adapta même la règle pour les femmes. De si actives réformes lui suscitèrent beaucoup d’ennemis ; malgré l’appui de saint Bernard, il 11e se sentit plus le courage de rester au premier rang, et résigna sa charge en 1152, après douze ans d’une pénible et glorieuse administration. Sauf deux années qu’il passa comme prieur du monastère de Portes, où il trouva de grands abus à détruire, il demeura jusqu’en 1159 simple moine, muet au fond de sa cellule.
Pendant le schisme provoqué par l’antipape Victor III, Anthelme prit ouvertement parti pour Alexandre III et proclama ses droits légitimes à la papauté, sans souci des menaces de Frédéric Barberousse, son souverain. Reconnu par toute la chrétienté, Alexandre lui témoigna sa gratitude en le nommant évêque de Belley ; notre saint avait le plus grand désir de refuser, mais le pape vint le sacrer en personne (1163). D’autres honneurs et d’autres dignités l’attendaient. En 1169, il était chargé d’aller mettre fin aux longs débats qui divisaient le roi Henri II et l’archevêque de Cantorbéry. Quelques années plus tard, Frédéric, rendant justice à son mérite, lui confiait, par bulles d’or, datées du 24 mars 1175, le titre de prince du saint-empire, la souveraineté de Belley, et de nombreux privilèges, parmi lesquels le droit de battre monnaie. Les dernières années de sa vie furent troublées par les tribulations que lui causa Humbert, prince de Savoie, jaloux de la protection que lui accordait l’empereur ; vaincu par la douceur et par la patience de son adversaire, Humbert finit parvenir se jeter à ses genoux en lui demandant pardon.
Anthelme mourut le 26 juin 1178, à Belley, dont il est le patron.
27 juin.