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SAINT JEAN-BAPTISTE

Jean, né à Jérusalem, six mois avant le Sauveur, était fils de Zacharie et d’Elisabeth, de la famille sacerdotale; il reçut plus tard le sur-

Fig. 123. — Saint Jean-Baptiste rend témoignage à Jésus-Christ. D’après Schnorr. XIXe siècle.

nom de Baptiste, à cause du baptême qu’il administrait sur les bords du Jourdain. Sa venue au inonde fut plutôt un effet de la grâce que de la nature, ainsi que nous le verrons dans la vie de sa mère. Le Nouveau Testament n’a rien dit de ses premières années ; on sait seulement qu’il se retira de bonne heure dans le désert, et qu’il s’y livrait aux exercices de la plus rude pénitence. Il avait un vêtement en poil de chameau et une ceinture de cuir autour des reins ; et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage. Bientôt il acquit le renom d’un homme inspiré

24 juin. — SAINT JEAN-BAPTISTE.

et réunit auprès de lui de nombreux disciples. Quelques-uns voulaient voir en lui le Messie, impatiemment attendu; mais il n’était que le Précurseur, dont avait parlé le prophète Malachie.

L’an 29, Jean s’avança aux environs de Jéricho, baptisant ceux qui se présentaient et annonçant que les temps étaient accomplis. Les pharisiens de Jérusalem députèrent vers lui des sacrificateurs et des lévites

Fig. 124. — Saint Jean baptise Jésus-Christ dans le Jourdain. D’après Schnorr. XIX” siècle.

pour savoir quel était l’objet de ses prédications. « Qui es-tu ? demandèrent-ils. — Je ne suis point le Messie. — Es-tu Elie? es-tu un prophète ? — Non. — Alors que dis-tu de toi-même, afin que nous rendions réponse à ceux qui nous ont envoyés? — Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez la voie du Seigneur. » Ils lui demandèrent encore pourquoi il baptisait; il répondit : (( Je baptise dans l’eau ; mais il est quelqu’un au milieu de vous que vous ne connaissez pas : c’est lui qui viendra après moi, et je ne suis pas digne de délier les cordons de ses souliers. )) Se tournant ensuite vers les pharisiens, dévots hypo-

crites qui réduisaient la religion à de simples formules et à de vaines cérémonies, il les apostropha rudement : (( Race de vipères, » s’écriat-il, « qui vous a montré de fuir la colère qui vous menace? Donnez des fruits dignes du repentir ; n’allez pas dire au fond du cœur : « Nous « avons Abraham pour père, » car je vous déclare que de ces pierres même, Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà la cognée est mise au pied des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu. » Comme la foule incertaine l’interrogeait sur ce qu’elle devait faire : (( Que celui qui a deux habits en donne un à qui n’en a point, )) reprit-il, (( et que celui qui a de quoi manger fasse de même. » Aux publicains ou collecteurs d’impôts il disait : « N’exigez rien au delà de ce qui est dû. )> Et aux soldats : « N’usez de violence envers personne. ))

Or, Jésus vint à son tour trouver Jean sur les rives du Jourdain. En le voyant, ce dernier s’écria : « Voici l’agneau de Dieu, qui ôte les péchés du monde. » Mais il lui refusa le baptême, disant : (( C’est moi qui dois le recevoir de vous, et vous venez à moi! — Laissez maintenant, » dit Jésus, cc car c’est ainsi qu’il nous faut accomplir toute justice. )) Le Précurseur ne résista plus, et baptisa son maître dans le fleuve : en ce moment, le ciel s’entr’ouvrit, et le Saint-Esprit en descendit sous forme d’une colombe. Ce qui fit dire à Jean : « J’ai vu celui qui doit baptiser dans l’Esprit, et celui-là est véritablement le fils de Dieu. » Quelque temps après, il rendit en présence des Juifs un nouveau témoignage.

Les discours de -Jean, avidement accueillis par le peuple, déplurent fort aux grands et aux membres du sanhédrin. Il n’y ménageait pas Hérode lui-même, tétrarque de Galilée, et il avait osé lui reprocher en face d’avoir épousé Hérodiade, femme de son frère Philippe, encore vivant. Aussi Hérode, irrité de ces reproches, le fit-il arrêter et conduire au château de Macheronte. Comme il célébrait le jour de sa naissance, Salomé, fille d’Hérodiade, parut dans la salle du festin et dansa avec tant de grâce, que le prince, charmé, promit par serment de lui accorder ce qu’elle demanderait. A l’instigation de sa mère, elle demanda la tête de Jean. L’ordre barbare de décapiter le Précurseur fut immédiatement donné et exécuté sur-le-champ. On apporta sa tête sur

24 juin. — SAINT JEAN-BAPTISTE.

mi plat, et on la remit à Salomé, qui la présenta à la cruelle Hérodiade. La nuit, les disciples enlevèrent le corps et l’ensevelirent près de Saniarie, dans le sépulcre qui renfermait les restes du prophète Elisée. Le culte de saint Jean-Baptiste remonte au berceau même du cliris-

Fig. 125. — Décapitation de saint Jean-Baptiste. D’après une miniature du Psautier de saint Louis. XIIIe siècle.

tianisme ; les baptistères (celui de Florence compte parmi les chefsd’œuvre de l’art chrétien) lui étaient toujours dédiés et renfermaient un autel en son honneur. Un grand nombre de villes et de corporations se sont placés sous son patronage, et sa fête a partout donné lieu à des réjouissances populaires. Outre celle de sa Nativité (24 juin), l’Eglise a encore institué la fête de sa Décollation, qui est célébrée le 29 août.

25 juin.

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