SAINT LADISLAS
11 naquit vers. 1041, en Pologne, où son père, Bêla Ier, s’était réfugié, poursuivi par l’usurpateur du trône de Hongrie, Pierre l’Allemand. Sous le règne de Salomon, il quitta l’exil et, cédant aux conseils de l’Eglise qui mettait ses efforts à apaiser les dissensions civiles, il offrit son épée au roi, ainsi que son frère Geysa. Ce fut grâce à la valeur des deux jeunes princes qu’une invasion des Bohèmes, des Valaques et des Bulgares put être repoussée. Salomon, jaloux de la popularité qu’ils venaient de conquérir, résolut de se débarrasser d’eux, mais ils levèrent aisément des partisans, défirent les troupes royales et mirent en fuite leur ennemi (1075).
Geysa étant mort peu de temps après, Ladislas fut proclamé roi ; il eut toutefois le scrupule de ne pas accepter la couronne avant que Salomon, en échange de la paix, eût abdiqué en sa faveur (1078). Le calme ne devait pas régner de sitôt dans ce malheureux pays. Salomon reprit les armes, souleva les Valaques, excita contre la Hongrie tous les peuples voisins. Ladislas battit successivement Aùilaques, Bohèmes, Russes, Polonais, les Petchénègues, qu’il poursuivit jusque dans leurs steppes, les Cumans qu’il assujettit à un tribut, les Serbes auxquels il imposa un
prince de son choix. Quant à la Croatie et à la Dalmatie, il en fit la conquête et les incorpora à son royaume (1087). Salomon finit par se retirer dans un couvent.
Ces longues guerres enfin terminées, Ladislas se livra aux œuvres de la paix : il éleva des églises, entre autres celle de Notre-Dame à Varadin, encouragea le commerce, dicta des lois et les fit observer. Le code qui porte son nom, promulgué en 1092, témoigne d’un véritable progrès dans l’idée de justice. Très pieux, il avait toujours désiré faire une croisade en Terre sainte et délivrer le tombeau du Christ. L’occasion s’en présenta lors des prédications de Pierre l’Ermite. Les principaux seigneurs de France, d’Espagne et d’Angleterre, qui s’étaient croisés, lui envoyèrent une ambassade pour le prier d’être le chef de l’armée qu’ils préparaient. Il accepta avec joie ce grand honneur, qu’il devait autant à sa sainteté qu’à sa bravoure. Les événements en disposèrent autrement : obligé d’aller repousser une attaque soudaine des Bohèmes, il mourut pendant la campagne, le 30 juillet 1095, à Yaradin. Il fut canonisé en 1198 par Célestin III, et sa mémoire est honorée le 27 juin. Il est l’un des patrons de la Pologne et de la Lithuanie.
28 juin.
SAINT IRÉNÉE
DOCTEUR DE L’ÉGLISE
Irénée naquit vers l’an 135, en Asie Mineure, de parents chrétiens. A peine sorti de l’enfance, il jouit des entretiens du vénérable évêque de Smyrne, saint Polycarpe, et si profonde en fut sur lui l’impression qu’au déclin de la vieillesse, il aimait à rapporter les moindres particularités de cet enseignement. Comme il eut ensuite pour maître le savant Papias, évêque d’Hiérapolis, on peut dire qu’il puisa la foi aux sources primitives de la pure doctrine. A la méditation des Ecritures il joignit l’étude des sciences profanes, car il avait l’âme ardente, selon
MM
28 juin. — SAINT IRENEE.
Tertullien, et curieuse de toute connaissance humaine. On ignore en quel temps il vint en Gaule ; mais ce fut assurément par l’ordre de Polycarpe, intéressé à soutenir la mission qu’il y avait déjà envoyée sous la conduite de Pothin. Attaché à l’église de Lyon en qualité de prêtre, il se fit connaître comme un des adversaires les plus actifs du
Fig. 126. — L’Orthodoxie entourée des embûches de l’Hérésie. D’après une gravure sur bois du Livre des persécutions des Chrétiens. XVIe siècle.
montanisme ; cette ardeur le désigna sans doute à ses frères, qui écrivant au pape Eleuthère au sujet de l’hérésie, le chargèrent de porter leur lettre à Rome.
A son retour, Irénée trouva les rangs des fidèles bien éclaircis : Pothin et beaucoup d’autres avaient péri dans les supplices 5 « le nom du Christ était presque éteint, )) disent les Actes. Elu évêque de ce débris d’é-
glise (178), il sut le garantir contre la fureur des païens, le relever, l’étendre par la prédication avec zèle et prudence ; en peu d’années, les vides furent comblés, et la communauté redevint florissante. A cette époque l’Eglise traversait une situation critique; au moment où elle cherchait à s’établir par la tradition, les hérésies se déchaînaient contre elle, hérésies provenant des divers systèmes de philosophie, des rapports du christianisme avec le judaïsme, et de l’interprétation des Livres saints. Irénée mit à profit la paix publique pour composer ces ouvrages d’une si ferme orthodoxie, d’une science si variée, qui lui valurent le surnom d’ « interprète par excellence » et de cc lumière de l’Occident ». Le plus considérable de tous, le Traité des hérésies , écrit en grec, nous est parvenu dans la version latine. Il eut, de plus, la gloire de prévenir un schisme qui causait déjà de grands déchirements, à propos de l’époque où l’on devait célébrer la Pâque.
Sous l’inspiration de l’illustre docteur, Lyon, foyer de la véritable tradition, devint une école qui forma des controversistes savants et aussi des artisans de l’oeuvre évangélique. Les uns, comme Caïus et Hippolyte, continuèrent de combattre l’erreur par leurs écrits ; les autres se répandirent assez loin dans les contrées environnantes. En 202, la persécution se ralluma en Gaule, et l’acharnement des gouverneurs y poussa bien plus que l’ordre formel de Septime Sévère. Irénée en fut une des premières victimes. Suivant la tradition, ce fut le terrible empereur en personne qui voulut juger l’évêque gaulois. Après avoir fait dresser dans son camp une croix et une statue de Jupiter : « Kéfléchis, » aurait-il dit ; (( choisis pour toi et les tiens. » Sans répondre, Irénée aurait pris le chemin de la croix, emmenant son peuple après lui. Les soldats, se jetant sur cette foule innocente, en auraient fait un horrible carnage. Le Martyrologe romain se borne à dire'qu’Irénée souffrit le martyre avec un grand nombre de fidèles (28 juin 202).
C’est le patron de Lyon , qui lui a consacré, vers la fin du second siècle, une église, où ses reliques reposent avec celles de saint Epipode, de saint Alexandre et de nombreux martyrs inconnus.
29 juin. — SAINT PIERRE.