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SAINT THIBAUT

Le comte Arnoul, de la race des comtes de Champagne, avait un fils, né en 1017, à Provins, et qui s’appelait Thibaut. La lecture des Pères du désert inspira au jeune homme un vif penchant pour la solitude ; de temps en temps, il allait visiter un ermite, cantonné dans un îlot de la Seine, et s’exerçait avec lui au jeûne, aux veilles et à d’autres austérités. Quand il fut d’âge à ceindre le baudrier de chevalier, il s’échappa du château paternel en compagnie de son fidèle Gautier, et, laissant ses serviteurs à Reims, prit à pied la

3 juillet. — SAINT ANATOLE.

route d’Allemagne. (( Là, raconte un écrivain, il entre au service d’un grossier paysan, gagne sa vie à la sueur de son front, et se met, pour dompter son orgueil, à faucher les foins, nettoyer les étables, faire du charbon dans les bois. Une après-midi qu’il s’était loué pour sarcler une vigne, et que la fatigue d’être resté longtemps courbé, les écorchures de ses mains trop délicates et de ses pieds privés de chaussures, ralentissaient son zèle pour le travail, le rustre qui l’employait l’accabla de coups d’aiguillon, qu’il supporta patiemment, par amour de la pénitence. »

Après ce rude noviciat, Thibaut se rendit en pèlerinage à Saint- Jacques de Compostelle, puis à Rome, et finit par s’enfermer dans une cellule aux environs de Yicence. L’évêque de cette ville, frappé de sa sainteté, l’éleva au sacerdoce, et plusieurs personnes pieuses lui confièrent la direction de leur conscience. Attaqué d’une maladie qui couvrit son corps d’ulcères, il montra une résignation admirable et mourut le 30 juin 106G. Ses restes furent transférés à Saint-Thibaut, dans le voisinage d’Auxerre. Il fut canonisé par Alexandre III, et sa mémoire est honorée le 1er juillet.

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