‹ La Vie des saintsChapitre 268 sur 536 · SAINT ANATOLE · texte numérisé non relu

SAINT ANATOLE

C’était un Grec d’Alexandrie, recommandable à la fois par sa science et ses vertus, et qui, au jugement d’Eusèbe, avait fait le tour des connaissances humaines. Nous n’avons plus, pour en décider, les ouvrages qu’il écrivit, à l’exception d’un court traité de la Pâque ; mais il devait briller parmi les maîtres, puisque à la requête de ses concitoyens, il fut chargé d’enseigner la doctrine d’Aristote. Sa réputation d’habileté pratique n’était pas moins grande : quand le Bruchion, faubourg d’Alexandrie, fut assiégé par les Romains, lors de la révolte d’Emilien (262), Anatole, qui s’y trouvait, reçut une des premières magis-

tratures ; voyant que les vivres allaient manquer, et après avoir en vain proposé de se rendre, il sauva un très grand nombre d’habitants, en les faisant passer, par la connivence d’un de ses amis, dans l’autre partie de la ville. Il se rendit ensuite en Syrie, et s’établit à Césarée, où l’archevêque le nomma son coadjuteur, dans l’espérance qu’il lui succéderait. La Providence en ordonna autrement. Comme les deux prélats passaient par Laodicée pour aller au concile d’Antioche, le peuple supplia si vivement Anatole d’accepter le siège alors vacant qu’il lui fut impossible de s’en défendre (269). Il paraît avoir vécu jusqu’au règne de Dioclétien et être mort en paix.

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