‹ La Vie des saintsChapitre 272 sur 536 · SAINTE ISABELLE · texte numérisé non relu

SAINTE ISABELLE

Fiancée dès l’âge de dix ans à Denis, roi de Portugal (1281), cette princesse, fille de Pierre III d’Aragon, fut la digne compagne de ce grand monarque. Les chroniques abondent en récits merveilleux sur les heureux effets de sa vertu. A peine était-elle mariée qu’elle réussit à réconcilier le roi avec son frère, et tel était le charme de sa bonté qu’elle parvint à séduire jusqu’à sa belle-mère, l’altière Béatrix. Ce fut grâce à elle qu’un double mariage scella plus tard la réconciliation de la Castille et du Portugal. Lors de la révolte de don Alphonse contre le roi, elle s’interposa courageusement entre le père et le fils. La guerre avait éclaté, menaçant d’être sanglante : la reine, accompagnée de quelques évêques, se jeta entre les deux partis et les contraignit à déposer les armes. Sa piété s’étendit jusque sur les Templiers, dont le procès s’instruisait partout alors; elle sut amener à la clémence le roi, qui leur pardonna et leur rendit leurs biens, déjà confisqués au profit de la couronne. Elle mérita aussi d’être re-

gardée comme la patronne des laboureurs. Près du monastère des clarisses qu’elle avait fondé à Coïmbre, elle fit construire un vaste établissement, destiné à recevoir de jeunes orphelines, appartenant à des familles de paysans. Elle s’y rendait souvent pour surveiller leur éducation ; lorsqu’elles avaient atteint l’âge de se marier, elle les donnait à des gens honorables, voués, comme leurs parents, à la culture de la terre, et en formait des espèces de colonies sur son apanage.

Après la mort de son mari (1325), elle se retira chez les clarisses. Elle avait été l’objet d’un profond respect dans cette cour, dont elle avait si fréquemment apaisé les orages, et trouva des vertus nouvelles pour être vénérée comme simple religieuse. Elle mourut à Extremos, le 4 juillet 1330, déjà sainte aux yeux des Portugais. Elle fut canonisée en 1625, sous le nom d’Elisabeth.

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